Bad Boy Is Cruel ~ Prof' Christo [ Done ]

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Bad Boy Is Cruel ~ Prof' Christo [ Done ]

Message  Invité le Mer 29 Sep - 23:10

~ The Crazy Beast ~



There's no reason to cry; the only ones who will hear you won't take care of fools.

I. Casier Judiciaire

Nom : Peu importe ce qu'eut pu insinuer son pays d'origine, son nom de famille, légué son père, n'est autre que Jefferson.
Prénom : Il aurait pu s'appeler Alexandre, Stéphane, Maxime... Mais non, il fallait absolument un prénom exceptionnel pour un enfant exceptionnel. Ce fut donc ainsi qu'on le nomma Christobale, vieux français de Christophe.
Surnom : On eut le loisir au cours de sa vie de l'affubler de mille et un sobriquets, certains ridicules, d'autres plus convenables, mais ceux qu'on retenait la plupart du temps étaient Christo, Chris, Jeff ou Smile, par ironie.
Âge : 28 années de vie, de désespoirs et de plaisirs, bonnes ou mauvaises, d'aventures ou d'ennui, mais 28 années tout de même.
Date de naissance : Il naquit un certain 15ème jour du mois de janvier, en l'an de grâce 1982.
Lieu de naissance et origine : Le père de Christobale est d'origine ontarienne, sa mère est américaine et le jeune a grandi à Toronto.
Orientation sexuelle : Christobale a toujours été hétérosexuel, croyant que si la nature a voulu qu'il y ait l'homme et la femme, c'était comme de transcender celle-ci d'être bisexuel ou homosexuel. Cela dit, il n'est nullement homophobe.
Date d'arrivée au pensionnat : Comptant que nous sommes en 2010 et que c'est seulement sa deuxième année à Coates, à un poste qu'il espère occuper encore longtemps, il est arrivé en août 2008.
Cause : Il a demandé à venir au pensionnat Coates, on l'a accepté et il est venu. Sans regretter sa décision.
Manies, habitudes : Pour faire taire les élèves, un coup de sa sempiternelle cane a toujours été son moyen de prédilection. Il n'est pas rare de le voir marcher seul à l'extérieur ou flâner aux pauses.
Aspirations, ambitions : Le plus grand rêve de Christobale est sans conteste de devenir un directeur d'école, de commission scolaire, ou tout autre poste important dans son milieu.
Groupe désiré : Profs
Sentiments envers les élèves : Il n'éprouve aucune sympathie, aucun amour pour ses élèves, il n'en voit d'ailleurs pas la raison. Il essaie cependant de leur faire prendre conscience que s'ils sont ici, c'est qu'il y a un problème et que la façon de vivre qui les y a conduit n'est probablement pas la façon dont ils veulent vivre jusqu'à leur mort.
Fonction : English Teacher ~


II. Portrait Robot

>> Apparence

Les premiers traits qui caractérisent Mr. Christobale sont en premier lieu son imposante crinière de cheveux indisciplinés. On eut beau tout tenter, cette tignasse rebelle refuse de se plier à toute règle de bon sens. Celle-ci couvre de peine et de misère la partie supérieure des bandages qu'il porte enroulés autour de sa tête. Le tout a pour unique objectif de cacher son œil gauche, meurtri par le passé. L'autre, encore en bon état, présente au spectateur un regard fier, intimidant et perçant, glacial et menaçant. La pupille verte donne l'impression de mettre à nu quiconque la croise, y inclus le plus courageux des hommes. Au centre de son visage trône un nez aquilin, fin aux arrêtes droites. Un peu plus bas, on retrouve une bouche constamment coincée en un rictus menaçant, sadique et arrogant... Dangereux, même. Cette même expression pouvait en mettre plus d'un mal à l'aise. Son visage est de forme pointue, presque squelettique, caractéristique davantage renforcée par ses hautes pommettes.

Le reste de son corps se compose d'une silhouette haute, imposante, mais légèrement filiforme. Toutefois, une bonne musculature sans exagérer empêche qu'on le prenne pour un squelette. Sans un poil de graisse, il n'est cependant pas anorexique, convenons qu'il surveille seulement d'un œil discret sa ligne. Son mètre quatre-vingt-dix a déjà découragé plus d'un élève de s'en prendre à lui, ainsi qu'effrayé plus d'un malheureux rebelle. Son corps serait parfait, si ce n'était que sa jambe gauche, meurtrie par une cicatrice de combat qui aurait causé des problèmes de nerfs dans ce membre. Pour cette cause, la mouvoir est un acte très laborieux si aucune aide n'est apportée.

Pour ce qui est de ses vêtements, Christobale fait plutôt dans le classique. Un pantalon noir, casual, une chemise aux manches relevées normalement blanche, mais parfois beige, bleue ou même violette. Il porte rarement une cravate, et si c'est le cas, elle sera desserrée et son col demeurera dégagé. Ses élèves sont habitués à le voir arriver affublé de son long manteau noir, son chapeau de feutre de même couleur et ses gants fins et noirs également. Et ici, nous nous devons de citer son éternelle canne au pommeau argenté, souvenir de sa blessure de guerre Le tout lui donne l'air d'un gangster sorti tout droit des années 1930.

>> Behind the mask

La personne qui se cache derrière l'apparence est souvent loin d'être celle du masque. En dépit de ce fait acquis et accepté par la plus grande part de la société moderne, Christo reflète en fait assez bien sa personnalité. Arrogant, sadique, grognon... Tout d'un parfait connard. La première impression qu'il donne est celle d'un misanthrope sans scrupules, sans foi ni loi. Bien sûr, ce n'est qu'une première impression... Sa face cachée en fait un homme très complexe. Sous ses revers d'homme tordu se cache quelqu'un de rigoureux et de strict. Celui qui pourrait passer pour un traître, un menteur, est en fait doué d'un sens de l'honneur très développé, mais on ne pourra dire qu'il gardera un secret uniquement si la personne qui lui a confié a su gagner son respect. C'est la loi de la jungle, pour Christo, le respect avant tout. Et autant vous avertir; il vous faudra travailler d'arche-pied pour gagner le sien.

C'est un être rusé, légèrement mesquin qui aura tendance à manipuler discrètement son entourage. Rien de bien méchant, n'ayez crainte... Mais ce sont les plus intelligents qui ont accès au pouvoir, et cela, Christobale le sait. Pour ce qui est de la joie de vivre? Oubliez. Connaît pas. La seule impression qu'il peut dégager est celle d'un sado-maso ou d'un serial-killer. C'est peut-être parce qu'au fond, cet homme n'a jamais été heureux. Qui sait? Si l'on pourrait ajouter un autre trait qui marque la personnalité de Chris, c'est bien son caractère... spécial. Et ici, il faut être prudent sur le mot que l'on emploie. Il est effrayant, et ne s'empêche pas d'utiliser ce trait comme une arme. De plus, nous nous devons d'appeler les choses comme elles sont, il est vraiment excentrique. Bien que cela ne paraisse pas au premier abord, tous ceux qui le connaissent vous le confirmeront. Quelque peu sadique sur les bords, non, très sadique. Un goût assez prononcé pour le sang, le heavy metal, il est presque resté coincée à l'adolescence à ce niveau. Mais croyez-moi, sachez ce qu'il a vécu et vous comprendrez...


III. Enquête

Christobale Eric Jefferson. Un nom, une personne... Mais surtout une identité. Chacun a derrière lui une histoire qui a fait de lui ce qu'il est aujourd'hui. La mienne débute, comme toutes les autres, par ma venue au monde, un certain mois de janvier 1982. Cette journée-là, c'était ce qu'on pourrait qualifier de tempête du siècle. Le 15. Ma mère avait perdu les eaux en avance, et bref, inutile de vous raconter la course-poursuite jusqu'à l'hôpital, pour finalement que j'arrive dans ce monde. Une naissance est un événement heureux... dans la plupart des cas. Mais mes parents ne désiraient pas d'enfant. À la base, j'étais sensé être mis en adoption. Mais l'instinct maternel étant le plus fort, ma mère a souhaité me garder auprès d'elle malgré leur... situation particulière. Ma famille a été prise dans l'enfer des gangs de rues. Ouais. On habitait le ghetto noir de Toronto, là où mon père avait grandi et avait de profondes racines avec le crime organisé. Pendant que ma mère travaillait comme une folle pour assurer notre survie, mon père se la jouait dealer de drogue et trompait ma mère à chaque occasion. Cette dernière le savait, mais ne s'en formalisait pas, parce que notre survie lui importait plus que tout cela.

C'est dans cet environnement que j'ai grandi... Ouais, vous avez raison, c'est pas commode. C'est pour ça que ma mère a fait un burn-out, claqué la porte et m'a abandonné avec mon père. J'avais 4 ans. Ma mère était la seule personne qui prenait soin de moi. Elle était infirmière interne dans un hôpital du quartier, mais elle faisait tout pour subvenir à mes besoins et me gâter une fois de temps en temps. Mon père? Il ne faisait que se soucier de ses magouilles de contrebande. Des Latinos, des Blancs, des Noirs, des Chinois, des Coréens, etc. Je les ai tous vu passer chez nous, quand ma mère n'était pas là, pour affaires. Ils étaient armés. Toujours. Quand ma mère est partie, ils ont continué de venir, comme si mon père s'en foutait. Il avait toujours été négligeant à mon égard. Il dépensait tout l'argent qu'il avait gagné en prostituées et en bouteilles d'alcool. Quand j'entrai finalement en maternelle, j'étais complètement seul. J'ai dû soudoyer mon père pour qu'il m'achète mes fournitures scolaires. Déjà qu'il n'y avait jamais grand chose à manger, c'était soit disant une dépense non prioritaire. En entrant à l'école, j'étais dans un monde totalement inconnu. Faut le comprendre; je n'avais pas été au jardin d'enfants, je n'avais jamais socialisé avec d'autres garçons et d'autres filles du même âge. La peur panique de la foule a pu heureusement se calmer, puis je pus vivre mes première années de scolarité plus ou moins normalement.

Plus ou moins normalement, parce que mes conditions de vie en général n'étaient pas des meilleures. L'appartement dans lequel je vivais, consigné avec mon père, était un minable 21/2 crasseux et malpropre. Les murs étaient en carton, la moisissure dans la salle de bains, les tapis élimés et les plafonds en piètre état... C'était un véritable taudis. Mais ce n'était pas ce qui fit de mon enfance une période extrêmement sinistre de ma vie. Mon père se fichait complètement de moi. Pour l'école, pour ainsi dire, je devais me débrouiller moi-même. Autant pour les leçons, les devoirs, les projets... Je devais souvent me débrouiller seul pour manger également, en fouillant dans le garde-manger et en mettant de côté ce que je pouvais pour plus tard. Souvent, je ne mangeais pas, le matin, et j'avais de la difficulté à me concentrer en cours. À cette époque, j'étais un gamin innocent et simpliste, qui se contentait de ce qu'il avait sous la main. Mes notes n'étaient pas excellentes, mais néanmoins, elles étaient au-dessus de la moyenne. J'avais de bons amis à l'école, même si l'on me harcelait quelques fois. Ça, ce n'était pas grave, j'avais bien d'autres soucis en tête. Les succès, les échecs, les bons coups comme les mauvais, mon père ne les voyait jamais. Pour lui, j'étais un fantôme, un indésirable. Je dus donc m'arranger avec les moyens du bord, devenir débrouillard et rusé. On s'adapte, on survit, ou on meurt. C'était littéralement la loi de la jungle pour moi. Ce fut ainsi pendant longtemps...

Jusqu'au jour de mes 13 ans. Cette journée-là, fortuitement, mon père sembla se rendre compte de mon existence. Il se souvint même que c'était le jour de mon anniversaire. On était le 15 janvier 1995. Il faisait beau dehors, l'air hivernal fraîchissait l'atmosphère de délicieuse façon. Mais une surprise m'attendais quand je glissai la clef dans la serrure et ouvris la porte... Mon père m'attendais de l'autre côté. Les mains sur les hanches, le regard hautain, son ventre proéminent et sa barbe mal rasée. Il avait l'air d'avoir encore trop bu, il se retenait de peine et de misère sur le meuble bancal du hall d'entrée. Un revolver tournoyait dans sa main gauche et ses petits yeux pervers me fixaient.

- Mon fils, commença-t-il. Il est temps pour toi de devenir un homme.

J'ouvris de grands yeux effarés... Il voulait que j'embarque dans ses magouilles, maintenant? Après 13 ans à m'avoir ignoré superbement, à m'avoir négligé, maltraité, laissé presque mourir de faim, etc. La liste était longue! Avais-je le choix? Non. L'arme qu'il tenait à la main et l'immoralité qu'il m'avait fait subir au cours des dernières années m'avaient convaincu qu'il n'hésiterais pas à faire feu... Soupirant d'une voix lasse et l'air assez éméché, il me fit signe de sortir dehors.

Je n'eus d'autre choix que d'abandonner mon sac d'école et d'obéir, sous peine de subir un sort dont je connaissais seulement assez de détails pour me faire frissonner d'horreur et d'appréhension. Il me conduisit en me guidant par des grognements étouffés dans une ruelle directement à côté de notre bloc d'appartements. Dans les ombres, aucune lumière n'éclairait la scène autre que celle qui émanait des phares d'une voiture et des lampadaires qui en éclairait l'entrée. Des hommes étaient assis à l'intérieur, d'autres nonchalamment accotés contre la carrosserie. Ils n'y avait aucun Blanc en dehors de nous. Dès qu'ils m'ont vu, ils ont formé un cercle autour de moi. On aurait dit des rapaces à la vue d'une proie particulièrement délicieuse. Ils étaient tous dans la vingtaine ou plus bas, l'air de délinquants juvéniles. Des vêtements douteux, un regard assassin. Ils se jetèrent sur moi. J'étais petit, j'étais chétif. Je n'étais pas de taille ni d'envergure à me défendre. Ils m'ont battu. Les coups pleuvaient, l'estomac, le torse, les bras, les épaules, la tête, le visage... Aucun membre n'y échappait. Je tentais de me retenir, de ne pas hurler, mais c'était plus fort que moi! Mon corps était un véritable nœud de douleur que rien ne semblait vouloir apaiser. Un tabassage en règle... C'était mon initiation. Le sang s'écoulait à flot de mon nez et de mes multiples blessures ouvertes. J'avais des hématomes partout. Je crois qu'à la fin, j'avais perdu conscience.

Je m'étais réveillé dans ma chambre, seul. Mes draps étaient couvert du sang de mes blessures que l'on n'avait pas nettoyées. J'avais l'impression que des marteau s'acharnaient sur mon crâne, la douleur étant présente dans chaque partie de mon corps. Ça m'avait tout pris pour me relever et me traîner péniblement jusqu'à la salle de bains. Il n'y avait presque rien dans l'armoire à pharmacie, j'avais dû salir des serviettes pour nettoyer mes plaies superficielles, puis appliquer de peine et de misère un baume sur mes bleus et mon œil au beurre noir. 3 aspirines, et j'étais retourné au lit. Cette nuit horrible n'était rien d'autre qu'une initiation pour entrer dans la gang de mon père. Ces moments n'étaient que les premiers de la longue série qui marqua la plus grande partie de mon adolescence. Ce ne fut qu'après trois jours de souffrances pénibles et de cicatrisation que je pus retourner à l'école. Je ne comprenais rien. Qui étaient ces hommes et ces jeunes? Pourquoi m'avaient-ils battu? Et surtout, pourquoi mon père n'avait-il rien fait? J'étais quand même son fils, non? N'est-ce pas...? À croire que cela ne l'affectait guère, comme si j'étais destiné à cet usage. Parce que dès ce court répit terminé, il m'obligea à le suivre le soir...

Ces années de ma vie furent les pires de mon histoire. Je ne prendrai pas la peine de tout raconter dans les moindres détails. Cette période me transforma littéralement. J'étais devenu solitaire, arrogant, suspicieux... Limite totalement exécrable. On ne m'aimait pas. J'ai perdu tous mes amis, en dehors de ceux qui étaient dans la même gang que moi. Par la force des choses, j'ai dû m'adapter pour survivre. La violence était omniprésente dans ma vie, j'en vins que... je me mis à aimer faire souffrir. Comme quoi on s'adapte, on survis, ou on meurt. J'avais changé du tout au tout. J'avais appris à respecter les plus fort que moi, mais je méprisais les plus faibles. Mes études? Elles étaient tombées en désuétude. Je n'avais plus le choix. On m'avait embarqué de force, alors autant m'y impliquer.

Mais... Parce qu'il y a toujours un mais, un jour, je me suis rendu compte que je n'avais pas de vie. Il m'avait fallu quatre ans pour m'en rendre compte. Je manquais beaucoup de cours, j'étais peu présent en classe, j'étais même aux portes du décrochage scolaire. Allais-je faire ça toute ma vie? Devenir un ivrogne drogué et impotent? Mon esprit avait compris que cette vie était un enfer, que je ne pouvais pas toujours rester dans cette situation. Mais m'en sortir n'était pas facile, je devais trouver un moyen sans qu'on me menace de me tuer pour avoir abandonné mon gang. Je n'ai finalement pas eu le choix. J'étais en cinquième secondaire. J'avais dix-sept ans. Cette nuit-là, on devais garder un fourgon d'armes en attendant que ceux qui les avaient achetées viennent les chercher. J'avais un revolver dans une main, je redoutais d'avoir à en faire usage. Quand ils sont venus, ils étaient trois Coréens, tous dans la fin vingtaine, début trentaine. Nous étions cinq pour surveiller la marchandise. Tendus, ils nous regardaient, puis se sont approchés des hommes en face. Moi, j'étais sur le côté à guetter. C'est là que les Asiatiques ont commencé à essayer de négocier le prix. Le Noir, un bandana sur la tête, une camisole et un jean parlait d'une voix forte.

- Non, non, non, mec, tu payeras le prix qu'on avait convenu, et si t'as pas assez de blé, tu fiches le camp, disait-il.

Ils se sont mis à se bousculer agressivement, ils allaient en venir aux poings, quand un de autres gardes a tiré dans l'épaule du premier homme. Les deux autres, armés, se sont cachés derrière des caisses et ont commencé à tirer. Ce fut une véritable fusillade. Je n'avais pas été assez rapide, une balle m'atteint à la jambe. Les détonations assourdissantes faisaient vibrer l'air tandis que je m'effondrais sur le sol en tenant mon membre et en hurlant de douleur. Je ne sentais plus rien d'autre que le point de flammes sous ma chair, serrais les dents, mais rien n'y faisait, j'avais l'impression qu'on me l'avait coupée. Indifférents à ma blessure, les autres tiraient. Je devais m'en aller de cet endroit! Étais-je un lâche? Non. Si vous avez déjà vécu le calvaire d'une fusillade, vous savez qu'à ce moment-là, c'était ma vie ou mes « frères ». Et je n'étais pas assez stupide, ou plutôt fou, pour risquer la première. Je dus faire taire la douleur en moi. Par ce que j'avais déjà vu, je savais que si je ne faisais rien, j'allais me vider de mon sang et mourir là. C'est pourquoi j'ai déchiré le bas de ma chemise, j'ai fait de mon mieux et je l'ai attaché autour de ma jambe, à la hauteur de la cuisse et vis-à-vis la balle. J'ai serré le plus fort possible dans un grognement de douleur.

C'était une bataille entre la souffrance et moi. Alors que les coups de feu continuaient de faire bourdonner mes oreilles, j'agrippai de peine et de misère le coin de la boîte de carton derrière laquelle j'avais tenté de me réfugier. En serrant les dents, je réussis à me relever lentement. Je tenais maintenant en équilibre sur une jambe, j'étais protégé par les marchandises. Tandis que je tentais de me faire discret, une sirène lancinante s'éleva soudainement parmis les détonation. Aucun des gangster ne manqua de la remarquer. Tous tentèrent de prendre la fuite. Hélas, en moins de temps qu'il n'en faut pour dire « Ouf! », les policiers avaient entouré l'entrepôt dans lequel nous nous trouvions. La porte de l'endroit ne tarda pas à s'ouvrir en grand, les phares des auto-patrouilles à noyer la scène de leurs lumières argentées. La seule chose dont je me souviens, c'est que j'ai lancé l'arme que je tenais à la main le plus loin possible au fond du hangar. Ensuite de cela, au milieu des cris et des exclamations, j'ai sombré dans la douce étreinte de l'inconscience.

Du blanc... Rien que du blanc sous mes paupières closes. J'étais au chaud, je sentais la texture cotonneuse de draps sur mon corps. La douleur me martelait la tête, je la sentais s'enfoncer dans un oreiller doux et moelleux. Finalement, je me décidai à ouvrir les yeux. À mon regard ne s'offrit qu'un immense flou blanc, immédiatement une douleur vint fendre mon crâne en deux, encore plus forte et plus virulente qu'auparavant. Peu à peu, ma vue s'éclaircit et la souffrance diminua. Dans ma tête seulement, car dès que je tentai de me relever pour examiner les lieux dans lesquels je me trouvais — une chambre d'hôpital, de toute évidence — celle-ci s'éleva dans ma jambe droite, m'arrachant un grognement de douleur. Plus tard, un médecin était venu m'annoncer que je ne pourrais plus jamais marcher normalement. Apparament, la balle avait gravement endommagé des tissus nerveux. Ces connections étaient maintenant altérées à vie. À cause de cela, je devrais marcher pour toujours avec la jambe raide et difficile à mouvoir, une simple canne pour m'aider. C'est ainsi qu'on m'en donna une au pommeau argenté. Ce ne fut pas la seule conséquence de mon « accident ». À cause de la balle que j'avais reçue, on enquêta sur mon père et on démantela l'organisation dont il faisait partie et dont j'avais été obligé de faire partie. Il avait été arrêté et incarcéré en attendant une longue et pénible succession de procédures judiciaires. Et moi, dans tout ça? J'étais la victime. On m'envoya chez ma mère. Elle habitait toujours à Toronto, mais dans un autre quartier beaucoup plus sécuritaire.

J'eus l'impression de revivre. Littéralement. J'avais de la nourriture sur la table, de l'électricité, de l'attention, de l'écoute, de l'aide, etc. Toutes ces choses m'avaient manqué si cruellement au cours de mes années d'existence! Peu à peu, je m'accoutumai à ma canne et elle devint comme une partie de moi. On ne s'en moquait pas, ce qui avait été ma plus grande crainte au début. Moi, qui jusqu'à maintenant avait toujours été chétif et maigre comme un clou, j'eus une poussée de croissance et je pris du poids. J'avais repris activement l'école. Bien sûr, il m'arrivait de manquer les cours, mais c'était de plus en plus rare. Tout allait pour le mieux. Du moins, jusqu'à ce qu'on m'arrache à nouveau les ailes... On était au mois d'avril 1999. Une magnifique journée de printemps. Comme ma mère habitait plutôt loin et que je n'allais pas changer d'école juste avant la fin de l'année, je prenais le bus pour m'y rendre et revenir chez nous. Ce jour cependant, j'étais sorti avec un groupe de copains qui ne daignèrent point me ramener en voiture jusqu'à chez moi. Je dus donc prendre un autobus de ville. J'y étais peu habitué, mais je pouvais quand même me débrouiller. On avait mangé au centre commercial, il était environ 21h quand je sortis du véhicule à l'arrêt le plus proche du petit jumelé de ma mère. Je ne sais pas comment ils s'y sont pris, mais les gars de ma gang m'ont retrouvé. Ou plutôt Stephen, le seul garçon en qui j'avais une relative confiance. Je ne m'y attendais vraiment pas. Il était dans une ruelle que j'empruntais toujours pour retourner à la « maison ».

Dès que j'y suis entré, il est sorti de l'ombre avec un couteau dans la main. Il avait un bandana et un T-shirt blanc, les yeux fous de colère. En apercevant son allure, j'avais fait quelques pas par derrière. Lorsque sa voix tonna, je me sentais comme un gamin fautif devant la fureur de ses parents.

- Pourquoi tu nous as abandonnés? Hen? On a fait de toi tout ce que tu es aujourd'hui, on a fait de toi un homme! Et tu nous renies, avec ton père?!

Prudemment, j'avais levé le regard pour croiser le sien, puis j'avais repris de l'assurance.

- Et si je n'aime pas ce que je suis devenu? Et si j'ai réalisé que je ne voulais pas que ma vie soit toujours comme ça? Je suis maître de mes choix!

J'avais dit ça en faisant fit de la lame argentée pointée sur moi, de sa menace froide et glacée. Mais on ne peut pas dire que ce fut la meilleure chose à faire. Parce que dès lors, la tension étant montée trop haut, il m'attaqua. On peut le dire ainsi. Le couteau s'abaissa vers mon visage avant même que je ne puisse parer le coup qui m'était destiné. Une douleur violente s'empara de mon œil gauche, sur lequel je posai aussitôt ma main en hurlant de douleur. Hébété, celui qui tenait la lame recula de quelques pas, puis laissa tomber l'arme dans un « CLANG » assourdissant sur le sol d'asphalte. Je l'avais entendu courir, puis j'avais crié qu'on m'aide. Je ne me rappelle plus exactement ce qui c'est passé ensuite. Mais une chose était sûre. J'étais borgne.

J'en ai eu la confirmation plus tard, lorsque la pureté antiseptique et morne du blanc de ma chambre d'hôpital envahit mon regard. Du moins... La moitié de mon regard. Ce coup-ci, j'avais l'œil gauche bandé, mais également le bras et tout le côté du visage. À peine remis sur pied que j'étais à nouveau confiné au lit dans une chambre d'hôpital. Ma mère, le travailleur social, la police, ils avaient conclu que Toronto était désormais trop dangereuse pour moi. À cause de toutes ces mésaventures et de la pente des résultats scolaires, je n'avais pas réussi à passer mon diplôme d'études secondaires. J'allais devoir aller étudier aux adultes. Et par-dessus tout, je devais absolument quitter cette métropole cosmopolite et meurtrière qu'était Toronto. On m'offrit de partir aux États-Unis, en Angleterre ou ailleurs en Europe. J'avais fini par choisir un endroit aux États. Comme ça, je serais sûr de ne pas me refaire embarquer dans cet enfer qu'était devenu ma vie dans les dernières années. À cause de tout ça, j'avais des séquelles à vie. Je n'avais plus qu'un œil et plus qu'une jambe, à jamais. Comme j'approchais de mes 18 ans, ma mère a décidé qu'elle resterait à Toronto avec son petit copain. Toutes ses attaches y étaient, et moi, je voulais me défaire des miennes. Alors, aussi bien que je parte seul.

J'avais choisi d'aller vivre à Worcester, au Massachusetts. C'était une ville petite, mais ce n'était pas un trou perdu loin de tout. Il y avait là une université et un CÉGEP, en plus d'un centre d'études post-secondaires. Ce n'était pas le grand choix, mais pour moi, ce n'était pas ce qui primait. L'important était seulement d'avoir un milieu sécuritaire où poursuivre mon éducation. Je ne pus me faire des amis facilement, là-bas. Toutes ces années passées dans l'ombre m'avaient si profondément marqué qu'elles avaient fait de moi une personne cynique, sadique, aux allures dangereuses de ce que j'avais déjà été, à savoir un délinquant de gangs de rues. Malgré cela, je parvins à remonter la pente et à passer mon diplôme en moins de deux. J'avais maintenant deux ans de retard sur tous ceux de mon âge. Le temps était venu de choisir ce que je voulais devenir. Je n'y avais jamais sérieusement pensé, puisque je me contentais de survivre au quotidien. Toutefois, après maintes et mûres réflexions, je finis par me décider à faire de moi un enseignant. J'étais intelligent, très intelligent. Et j'avais la prestance d'un professeur. Ce fut donc cette voie que je pris, et après mes sept années de dur labeur, j'obtins enfin mon baccalauréat en anglais. Restait maintenant à me trouver du travail... J'avais envie de me sentir en vie, d'affronter des défis. Pourquoi pas une pension? Mais non, plus qu'une pension... Une pension de délinquants juvéniles, comme j'avais été. Je pourrais toujours leur apprendre que ce qu'ils font, ce n'est pas ce qu'ils veulent faire plus tard... À leur enseigner l'anglais, oui. Mais si je pouvais au moins leur faire prendre conscience de l'erreur qu'ils font, ce serait déjà ça de gagné. J'ai donc postulé pour enseigner au pensionnat Coates qui, je le savais, accueillait de nombreux jeunes rebelles. C'était à Perdido Beach, l'endroit qui, semblait-il, avait reçu une météorite sur sa centrale nucléaire. L'expérience promettait d'être un défi, j'avais hâte de le relever. Ma première année fut extrêmement satisfaisante. Je n'avais pas eu d'autres propositions, ce poste était intéressant, j'ai donc décidé de le garder une année de plus, comme me l'offrait la direction. C'est ainsi que j'entame ma deuxième année au pensionnat Coates. Rebienvenue, Christobale Eric Jefferson.


IV. Auteur du crime

Nom ou pseudo : Hum... Il semblerait bien que cela soit Chris ou Christo, comme vous voulez.
Âge : 14 ans, s'en va sur ses 15.
Avatar : Takasugi Shinsuke, de Gintama
De quelle façon avez-vous découvert le forum? : Je ne me rappelle plus exactement, mais il me semble que c'était sur l'annuaire de Forumactif.
Des suggestions pour l'améliorer? : Ouais... Autoriser les changements de nom d'utilisateur. Ça vous, et surtout ça me sauverait du trouble... Même chose pour les adresses. Le système de brouillons aussi pourrait être utile. Et faire un modèle de présentation pour les professeurs et membres du personnel pourrait être bien. Je propose également une couleur plus différenciable pour les professeurs, comme par exemple, un vert pas trop flashy ou un orange brûlé.
Autre chose? : Bah... Euh... [Code validé par Dekka]

Merci Dekka-chan ~
Dites-moi s'il y a des fautes ou des incohérences, s'il vous plaît.
And something you should know 'bout me... Je suis un Québécois. Donc, à cause du décalage, je pourrai pas être vraiment là sur la CB notamment durant la semaine.

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Re: Bad Boy Is Cruel ~ Prof' Christo [ Done ]

Message  Invité le Ven 8 Oct - 3:38

Up de la fiche, I'm done.

Désolé si ça a été long, j'aurais dû commencer à écrire l'histoire avant de m'inscrire.

[Edit Drake: C'est rien pour le temps, certains sont bien plus long <3 Yosh yosh, je vais laisser Dekka te valider tiens \o/ Il faut que je lui laisse un peu de la part du gâteau sur ce forum 8D]
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Re: Bad Boy Is Cruel ~ Prof' Christo [ Done ]

Message  Dekka le Sam 9 Oct - 16:17

Très jolie fiche, j'aime beaucoup parce que ya pleins de détails, on a l'impression de tout savoir c'est cool *____*

Bref, Validé > Corps Enseignant <3
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Re: Bad Boy Is Cruel ~ Prof' Christo [ Done ]

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