« Don’t care if you think I’m dumb, I don’t care at all »

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« Don’t care if you think I’m dumb, I don’t care at all »

Message  Michael Andrew Taylor le Jeu 12 Juil - 20:13

    I. « I wanna be a real fake »


    • Prénom, nom – et surnom s'il y en a un : Michael Andrew Taylor. Tu peux l’appeler Mickie si tu veux. Ou Andy.
    • Age, date de naissance : Né un 17 septembre il y a 15 ans.
    • Lieu de naissance et origine: Memphis, Tennessee, Etats-Unis.
    • Orientation sexuelle : Il n’est pas vraiment gay, c’est juste qu’il n’aime pas les femmes.
    • Date d'arrivée au pensionnat: Il y a presque un an.
    • Cause : « I was just a kid that you could not forgive »
    • Manie, habitude : Commenter tout ce qu’il voit et entend. Dans le sens de se foutre de la gueule. De tout le monde donc. Imiter les gens.
    • Aspiration, ambition : Que dalle, si vous saviez. Le néant total.
    • Groupe désiré: Normaux.
    • Sentiments envers les Dégénérés: S’en fout royalement.


    II. « Look like a girl but I think like a guy »


    « De qui tu parles? Ah, le gamin là bas? Michael je crois. Ouais bah c’est un gamin banal. Bien qu’il ai une belle gueule, c’est vrai. Pas repoussant du tout, il a pas à se plaindre lui au moins! Il a qu’à sourire et il obtient ce qu’il veut! Y en a qui ont pas besoin de se fatiguer… La vie est mal faite. Surtout qu’elle arrange toujours les ingrats. Les meilleures opportunités c’est toujours, oui toujours, pour ceux qui ne le méritent pas. Non mais regarde le un peu… Ouais, il est mignon. On pourrait le croire timide et innocent comme ça, il est petit en plus, t’as comme envie de le protéger t’sais. Comme si c’était qu’une pauvre petite chose fragile. Mais putain ce gamin il en a rien à foutre de toi. Ouais bah vas-y, va lui parler. Il te semblera peut être sympathique comme ça, mais… Il fait du théâtre. Et il parait qu’il est vachement bon comédien. Moi j’y crois, il te roule n’importe qui. Je t’assures! Il sourit mais il est pas net… Je suis sur qu’il fait semblant… Ouais bah me crois pas si tu veux! Quand même moi je te dis de pas trop croire ce qu’il te raconte, on sait jamais… »

    Personne ne trouve rien à redire quand quelqu’un affirme que Michael est mignon. Il faudrait vraiment être buté pour refuser de l’admettre. Il n’a pas une beauté renversante mais l’expression « gueule d’ange » lui colle à la peau. Quand il sourit en plissant légèrement ses grands yeux bleus, les cœurs en frissonnent. Ses cheveux châtains clairs en bataille donne envie aux mains de s’y fondre pour remettre le tout en état. Et il est petit en plus. On le comparerait volontiers à un écureuil ou à un hamster, voir à une fille. On s’attend à ce que sa peau claire rougisse facilement. Mais déjà là, c’est en attendre un peu trop.

    Oui, Michael est mignon, en apparence. En comportement on dirait un gars banal. On peut se dire qu’il est gentil, sympathique, amical, qu’il ne ferait pas de mal à une mouche. Mais les mouches il les écrase volontiers.

    Michael, en réalité, joue la comédie. Un peu tout le temps. Ne soyez pas trop étonnés si d’une heure à l’autre il change complètement de personnalité. Il endosse seulement la peau d’un autre personnage. Personnage d’une pièce, d’un film, d’un livre, ou tout simplement de son imagination.

    Oui, Michael fait du théâtre, et ce depuis qu’il est tout petit. Il y a vite prit gout. Et ça fait longtemps qu’il ne fait plus que ça. Jouer. Si bien que même ses proches ne savent plus entre quels personnages se trouve Michael. A part ça, il est presque banal, ce gosse. Il a juste tendance à se foutre de tout. A l'écouter rien n'a vraiment d’intérêt.



    III. « Oh I’m a guity one
    And know what I have done »



    Un souvenir. Petit, dans la cuisine, avec sa mère, écoutant un 33 tours d’Elvis Presley. La mère cuisinait, et chantait en même temps. Lui était souvent assis sur la table, accompagnant parfois sa voix à celle du chanteur et de sa génitrice. C’est un de ses souvenirs heureux. Où, de bonne humeur, la femme se retournait, le faisait descendre de la table ou le mettait debout dessus et le faisait danser. Elle avait fait brulé beaucoup de plats comme ça. Il fallait toujours la fin du disque et l’odeur de brulé pour qu’elle se réveille.

    Michael avait toujours été plus proche de sa mère que de son père. Il n’a pas de souvenirs heureux de lui seul avec son paternel. Ce n’était pas un mauvais père pourtant, essayant d’être le plus présent possible et de passer du temps avec son fils. Mais d’une façon que le fils n’appréciait pas. Il détestait être forcé à jouer au foot ou au tennis. Ainsi lui est venu le dégout de tous sports. Son père avait bien du abandonné, se résigner à l’idée que son fils ne sera jamais un grand joueur de foot comme il l’avait rêvé.

    C’était sa mère qui l’avait inscrit à des cours de théâtre lorsqu’il avait six ans. Tout le monde avait remarqué le gout de l’enfant pour les imitations qu’il s’amusait à faire de n’importe qui à n’importe quel moment. Et il le faisait vraiment bien. Sa mère n’attendait pas de miracles. Peut être allait-il aimer le théâtre, peut être serait-il doué. Mais jamais elle n’avait pensée à quel point il le serait.
    Surement grâce à son imagination il arrivait à se mettre dans la peau de tous personnages, comprendre ce qu’ils ressentaient, et se mettre parfaitement à leurs places. N’exagérant jamais les traits pour qu’on comprenne la douleur ou la joie, et donnant une interprétation juste et souvent nouvelle qui enchantait ses professeurs. « Il ira loin! ». Et voilà, Michael avait une voie dans laquelle s’engouffrer. A la poubelle les rêves du père et bonjour les larmes de joie de la mère. Elle commença ainsi à la bassiner avec son avenir, lui rabattant sans arrêt qu’il deviendra un grand artiste renommé. Et voilà comment Michael commença à détester l’avenir.




    Michael avait un autre don qui enchantait ses parents. Il était bon à l’école. Sa moyenne avait de quoi les faire sauter de joie. Sauf en sport où ses notes frôlaient le zéro. Le père y avait pourtant mit du sien, mais rien à faire. En fait Michael refusait même de faire parti d’une des deux équipes de basket improvisés pour le cours. Quoi que le professeur lui dise, il restait dans son coin. Il était dur de l’en décoller. Cette situation désespérait le père. La mère par contre n’y voyait aucun inconvénient. Après tout, il était doué dans toutes les autres matières et avait déjà un métier qui l’attendait.

    Etrangement, malgré son visage d’ange et ses sourires qu’on jurerait timide, Michael n’avait pas d’amis. Les seuls enfants qu’il fréquentait étant ceux de son cours de théâtre dont il s’abstenait de toutes conversations en dehors des répétitions. « Il est juste timide, ce n’est pas très grave! », c’est-ce que les parents se disaient. Bien que ça les inquiétaient un peu, ils se rassuraient en se disant que ce n’était qu’une passe qui s’arrangerait en grandissant.

    Arrivé au collège rien n’avait changé. A part son nouveau professeur de sport. Qui, lui, refusait catégoriquement qu’il reste dans son coin à ne rien faire. Il le prenait par le col s’il le fallait et le trainait jusqu’à l’endroit où les autres enfants s’exerçaient. Michael a rapidement détesté ce professeur. Mais il ne comptait pas le laisser gagner. Sa victoire était sa plainte. Il se buttait, comme l’adulte, et quand celui-ci allait trop lui, Michael se mettait à pleurer. Le professeur ne pouvait plus rien faire alors, voyant le gamin tomber au sol et hurler à rendre tout le monde mal à l’aise.

    Plus tard, envers lui, Michael a commit sa première grosse bêtise. Il avait imaginé un plan pour se venger de son professeur qui n’abandonnait toujours pas la partie. Il s’était préparé pendant plusieurs semaines. Revenant souvent à la maison en pleurs, inquiétant sa mère, mais sans jamais lui dire quel était le problème. En cours de sport son comportement était de pire en pire. Il se mettait à hurler dès que l’adulte le touchait. Pleurait quand il ne le lâchait pas. L’histoire arriva jusqu’aux oreilles du proviseur. Les autres enfants de la classe, même s’ils ne disaient rien pendant le cours, jasaient aux récréations. Quelque chose n’allait pas. Les parents furent mis au courant, il y eu un rendez-vous avec le professeur qui plaida sa cause. « C’est du cinéma! » et la mère, folle de rage, se mettait à lui crier après. « Mon fils ne ferait jamais ça! », sans se rendre compte que son fils ne faisait que cela.
    Mais là n’était pas le seul effet du plan de Michael. On en était qu’à l’étape où le comportement du professeur devenait suspect et où tout le monde le regardait avec un regard suspicieux.

    L’adulte ne lâchait pas prise, devenant au contraire plus sévère encore avec l’enfant. L’enfant qui se mettait à pleurer maintenant à chaque qu’il voyait seulement son professeur. Plus tard, sa mère hurla. Elle découvrait des traces sur le corps de son fils. Beaucoup trop nombreuses. Elle secoua son fils jusqu’à ce qu’un nom sorte de ses lèvres en même temps que des larmes de ses yeux. Il n’en fallait pas plus. Le proviseur fut appelé en même temps que la police. Le professeur fut renvoyé, et jugé. Michael était la preuve. Les jurés préféraient croire les marques sur son cours que les paroles de l’homme, complètement paniqué.

    Ces marques, c’était Michael lui-même qui se les étaient faites. Jouant la comédie, de plus en plus fort, accentuant à chaque fois une pseudo crainte de son professeur. Il ne ressentit rien quand celui-ci fut mit en prison. « Cinq ans! Non mais tu te rends compte? Cet homme a battu notre fils et dieu seul sait combien d’autres enfants encore et il ne sera enfermé que cinq ans! ».

    Michael n’était pas un monstre sans sentiments. Mais la vie, peu à peu, le blasait. Les pires horreurs passant aux informations lui faisaient ni chaud ni froid. Après cette expérience il fut convenu qu’il voit un psychologue. Il joua l’enfant traumatisé. En fait, la réalité et la fiction ne faisait plus aucune différence pour lui. Tous les personnages qu’il jouait était une part de lui-même s’ils n’avaient aucun lien. Tout devint flou. Le monde n’étant plus que des taches se collant les unes aux autres. L’avenir? Une raison de vivre? Le destin? Que des conneries. Des inventions d’humains, avec lesquelles il s’amusait quand même de jouer. Il n’y avait alors plus de retour en arrière. Plus rien n’avait d’importance. Et les mensonges étaient plus simples à dire que les vérités. Il fini par en user un peu trop souvent. Chose amusante, ce n’était que quand il disait la vérité qu’on ne le croyait pas.

    Sa vie coula ainsi. Il souriait à qui le voulait pour en obtenir quelque chose en échange. La petite chose fragile et mignonne étant le tours qui marchait le mieux c’était sa face découverte. La personnalité qu’on lui croyait vrai. Il baissait la tête, les sourcils dansant, incertains, les lèvres ne sachant dans quelle courbe se tourner, les doigts s’affolant sur le visage, et les mots sortant en flot de sons étouffés et maladroits, et se tableau lui donnait l’effet du garçon timide. Celui qui se rabaisse, se tait quand on l’insulte, et dont les genoux tremblent quand on lui fait peur. Faux. Tout était faux. Tout était vrai. Il n’y avait plus de vérités, plus de mensonges. Le monde ne se résumait qu’à des taches qui essayent en vain de s’accorder. Un tableau mal foutu. Moche comme une œuvre de Picasso. Où rien n’est droit, rien n’est tracé véritablement, tout part dans tous les sens, et où mensonges et vérités n’est qu’un ensemble flou et virtuel.

    Il s’amusait. Faisait ce qu’il voulait, sans se préoccuper de rien. A treize ans il s’approcha d’un groupe de lycées, clairement délinquants. Contre toute attente, il rejoint le groupe. On le mettait au défit, il le relevait. Il dû voler une dame. Il s’approcha d’elle, la bouscula dans un semblant de course, s’arrêta, s’excusa avec vigueur. Lui offrit un sourire. C’était là ce qu’il suffisait. Il l’aida à se relever, examinant l’état de ses genoux, ses collants filés. Il était prêt à se mettre à pleurer. La femme le rassura. Il posa sa main sur la sienne et lui montra un regard désolé. Le charme. Quelque chose qu’il avait comprit depuis longtemps d’une grande utilité. Il avait glissé quelques doigts dans son sac et la femme ne s’en était même pas aperçu. Il revint alors vers ceux lui ayant demandé de faire cela. Ils étaient soufflés et l’acceptèrent parmi eux avec joie.


    Michael fuma ainsi sa première cigarette. Accepta un paquet presque plein et un briquet, qu’il trimballa souvent avec lui. Il détestait le gout de la cigarette. Ne fumait qu’en présence du groupe, pour se donner un genre qu’ils cherchaient tous en lui. Sa mère trouva le paquet un jour. Il faut dire qu’il ne l’avait pas vraiment caché. Il s’en fichait, qu’on le découvre, qu’on comprenne ce qu’il était en « réalité ». Il eu droit à un sermon. Jugea qu’il sera laissé plus rapidement tranquille en jouant celui qui a été entrainé et qui s’en veux. Sa mère le prit dans ses bras. « Tu ne dois pas te laisser faire mon chéri. Ah, si tu étais plus fort, ne te laissait pas influencé comme ça… », sa voix résonnait comme du poison dans le cœur de Michael. Lui, faible? Lui, se laissant influencé? Elle se trompait complètement. C’était les autres qui étaient influencés par lui et ne s’en rendaient même pas compte.

    Il pouvait manipuler les autres à sa guise sans qu’ils ne s’en rendent compte. Il mit un plan en place. Un plan gigantesque, pour rouler une dizaine, voir une vingtaine de personnes en même temps. Sans qu’on ne repère, bien sur, la source du problème. Il eut un entrainement d’abord. Ou plutôt, un échauffement. Il allait briser le groupe de délinquants dont il faisait parti depuis quelques temps maintenant. Même le chef lui faisait confiance. Avec sa tête bienveillante les membres s’étaient tous confiés à lui. Lui parlant de leurs angoisses, de leurs rêves, de leurs pires craintes, et parfois même de leurs secrets les plus honteux. Ils ne savaient pas les uns les autres que tous s’étaient confiés à lui, croyant chacun avoir été le seul avec cette faiblesse. Michael en joua pour les monter tous les uns contre les autres.

    On ne détaillera pas toutes ses manigances. Les meilleures amis finirent par devenir pires ennemis, ne pouvant plus se voir, faisant éclater une bagarre dès qu’ils le pouvaient. Certains se disputaient les petites amies, jurant qu’un autre a essayé de toucher se qu’ils considéraient tous comme leur propriété. Michael aima voir ce chaos. Il ne fallut pas un mois pour que le groupe se dissipa complètement, en sang. Certains étant carrément arrivés à l’hôpital.

    Se frottant les mains, il attaqua ensuite son école. Il n’allait pas toucher aux élèves, pas se rabaisser à ce niveau. Il était grand, c’était un exprès, il s’attaqua à la direction de l’école. Il s’imaginait faire tomber l’établissement scolaire comme un château de carte. Il réussit. Jouant de ses sourires et de ses bonnes intentions, il était devenus le chouchou de tous le professeurs, même de ceux dont il n’était pas l’élève. Avec ses notes comme preuve de bonne volonté, personne ne le voyait comme une nuisance. Il en profita. La direction était entre ses mains, et il se mit à la broyer. Ça lui a prit en tout quatre mois. Il avait joué plus finement qu’avec son professeur de sport et le groupe de délinquant. Tirant les ficelles unes à une pour les briser. Créant des catastrophes, les mettant sur le dos des plus mauvais élèves qui se faisaient exclure quelques jours à quelques semaines. Il s’imaginait un réseau de bombes cachés dans tous les bâtiments, qu’il enclenchait une à une. L’explosion finale fut superbe. Avait-il dit dix à vingt personne tomberont pour son jeux? Comptant tous les professeurs, les membres de la direction, les cantiniers comme les femmes de ménages, ainsi que les élèves… Cela devait bien faire mille personnes. Ce n’était pas une si grande école.

    Après la dernière étincelle ça ne le fit plus rire du tout. Ça l’avait distrait mais une fois le château détruit, il se dit que ça avait été une perte de temps. Il n’en voyait plus l’intérêt, pourquoi ça l’avait tant intéressé. Il voulait prouver à sa mère qu’il n’était pas faible, mais à quoi bon? Sachant qu’en plus personne ne savait que c’était son œuvre, sa mère continuerait à dire ce qu’il lui plait.

    Michael s’ennuyait. Il n’y avait plus que le théâtre pour l’occuper. La vie n’avait plus aucune saveur. Toutes ces taches lui semblait fades. Les couleurs succombèrent. Le monde devint gris. Il entra dans une phase de dépression. Plus rien n’avait de sens. Mais n’y avait-ils déjà eu du sens à quoi que ce soit de toute façon? Il se laissait glisser, comme toujours. Marchait, sans volonté. Jouait la comédie, toujours. Mais se cachant de moins en moins derrière le garçon timide. Qu’il commençait peu à peu à montrer plusieurs personnalités. Il n’était proche de personne mais ça ne l’empêchait pas d’être apprécié alors tous remarquèrent le changement. Il avait changé d’école à la mort de la sienne, et les élèves avaient été gentils, voulant devenir son ami. Mais s’il avait fait semblant d’accepter il était toujours lointain.


    Il rencontra un garçon vaguement suicidaire qui se scarifiait. Il l’imita. S’étant déjà ouvert à multiples endroits quelques années auparavant pour faire plonger son professeur de sport il n’eu pas la douleur en surprise. Ouvrir son bras c’était la première fois, il fit une grimace mais rien de plus. L’autre garçon, se tenant plus à l’écart des autres que lui, en apercevant ça, au lieu de partir s’approcha. Ils devinrent vaguement amis. Il lui parla de la douleur de vivre, Michael l’écouta attentivement. Jamais il n’avait eu à jouer le rôle d’un suicidaire alors il buvait chacun des mots avec la plus grande curiosité. Il se senti plutôt proche de ces mots. Les comprenant sans efforts. Darren, c’était son nom. Michael, sans s’en rendre compte, déménagea son monde autour de lui. Darren lui apprit la douleur d’une façon dont il ne l’avait jamais envisagé. Il apprit à apprécier voir le sang couler. A apprécier la douleur. Et à voir la grimace devenir sourire. Etrangement, c’est-ce qui lui fit aller mieux. Les deux garçons passaient beaucoup de temps ensemble. Au début, cachés, à s’ouvrir, partageant peu à peu le même monde. Puis ils discutaient face aux autres. Mangeant ensemble le midi. Se retrouvant entre et après les cours. Michael ne s’ennuyait plus autant, il sentait s’être fait un ami pour la première fois de sa vie. Ses parents le voyait plus souriant et en était ravis, inquiétés auparavant de la soudaine morosité de leur fils.

    Un jour dans un de leurs moments à eux, Darren posa sa bouche sur le bras ouvert de Michael. Il se laissa faire, un peu surprit. Darren était maintenant le seul à pouvoir le surprendre. Quand il releva la tête, sa bouche était rouge. C’était à Michael de se pencher maintenant. Son geste le surprit lui-même. Ses lèvres sourirent, collés à celles de son ami. C’était la première fois qu’il goutait à son propre sang, et lécha ses lèvres pour mieux déguster. Darren ne dit rien. Entre eux deux s’installa un silence confortable. Un de ceux qui n’a pas besoin de mots pour que deux personnes se comprennent. Michael pouvait dire sans mentir qu’il était heureux. S’était fait un ami comme jamais il ne l’avait espéré. Les jours suivant s’installèrent des blancs dans leurs conversations. Pas de ceux gênants. Une absence de paroles qui avait tout à dire. Michael sentait que sa vie était maintenu par Darren et que c’était réciproque, alors même qu’ils étaient ironiquement tous les deux suicidaires, faisant les pires conneries juste pour voir s’ils en ressortiraient vivants.

    « Ça te dirait qu’on devienne frères de sang? », lui dit un jour Darren en plantant un cutter dans sa peau. En réponse Michael lui prit le cutter et se coupa au même endroit, lui montrant sa partie saignante comme si à partir de maintenant elle lui appartenait. Ils restèrent longtemps leurs mains serrés l’une contre l’autre.

    Darren était un personnage de Drames. Un de ces personnages dont l’histoire devenait tellement clichée qu’on oubliait facilement qu’elles arrivaient aussi en « vrai ». Un père alcoolique qui bat sa femme et ses enfants. Michael eu une expression blasé à ce récit. Même s’il comprenait. Ça, on pouvait lui dire autant qu’on voulait « Tu ne peux pas comprendre ce que je ressens » c’était les autres qui ne comprenaient pas à quel point ils se trompaient. Michael pouvait tout comprendre. Toutes situations, tous sentiments. Il avait apprit le comportement suicidaire aux cotés de Darren et se sentait maintenant capable de jouer n’importe quel rôle. Même celui de la femme enceinte, ce qu’il ne pouvait bien sur jamais être. Il comprenait la joie de porter la vie, l’énervement et l’épuisement, la douleur de l’accouchement, imaginant les cris de la femme comme du bébé sans problème. Le bonheur ultime de cette chose affreuse et sale dans les bras d’une femme trempée de sueur. Il s’imaginait aussi la douleur du viol, l’envie de mourir désormais, vouloir tuer l’enfant dans le ventre, la douleur insupportable lors des neuf mois, et pire encore que les autres femmes à l’accouchement. Le sentiment de vide une fois fini. Le dégout, la honte… Le renfermement voir le suicide au pire, l’oubli, au mieux. Il pouvait tout décortiquer, tout jouer.
    Il comprenait le mal-être de Darren, et s’imaginait très bien les scènes qu’il lui racontait. Pour celui-ci, c’était la première fois qu’il se confiait, témoignant ainsi de la confiance qui c’était instauré entre eux deux.

    Ils se tenaient de temps en temps par la main. C’est Michael qui prenait l’initiative à chaque fois. Darren était trop hésitant, trop craintif du regard des autres, tandis que Michael n’en avait que faire de ce qu’on pouvait bien penser de lui. Il voulait être présent pour Darren, lui donner quelque chose auquel se raccrocher. Il se doutait que les contacts physiques même les plus simple était quelque chose de tellement rare que ça en devenait dur pour lui. Il ne devait recevoir que des coups comme preuve d’amour. Alors Michael se donna comme mission de lui donner tout ce qu’il lui manquait. Darren se laissait faire, et il savait que c’était seulement pour lui. Qu’il ne pouvait qu’être le seul à le trainer, main dans la main, dans toute l’école, alimentant avec force les quelques ragots nés la première fois qu’on les avait vu ensemble.

    Michael n’était pas stupide. Il savait ce qu’il se disait. Il sen fichait, simplement. Acceptait. Darren faisait de même. Après tout, ils savaient tous les deux que les autres n’avaient pas complètement tors. Ils étaient chacun devenus le monde de l’autre, cette « raison de vivre » dont les gens parlaient sans en comprendre le sens, ils étaient frères de sang… Non. En effet, ils n’étaient pas juste amis. C’était bien plus que ça. Bien plus important.

    « J’aimerais te voir jouer, un jour… » que lui avait soufflé Darren. Michael sourit. Lui confiant qu’avec son groupe de théâtre ils préparaient une pièce qu’ils joueraient bientôt. Il lui promis de lui donner des places pour la représentation. Rigola. Darren était perplexe. Jusqu’à ce que l’autre lui dit ce qu’il le faisait rire. « Je joue une fille. Le jour de la représentation je vais porter une robe et une perruque. », Darren se mit à rire lui aussi.


    Michael ne cacha rien à Darren. Lui dit toutes les horreurs qu’il lui arrivait de penser et de faire, sa vision du monde et de la vie. Il ne savait pas comment l’autre allait le prendre, et même s’il lui faisait complètement confiance il sentait un peu de peur en lui. Cette chose qu’il lui arrivait si rarement de ressentir. Il y eu un silence. Darren fixait un endroit en face de lui. Michael l’observait, en attendant d’entendre sa voix. Ses lèvres ne bougeaient pas. Il posa lentement sa tête sur l’épaule de Darren qui sembla enfin réagir. Il le repoussa d’abord et Michael cru mourir, un pieu enfoncé avec force dans son cœur. Puis les bras de son frère se refermèrent autour de lui. Dans cette attente angoissante il venait juste de réaliser comme ce qu’il avait fait était mal. Il l’avait toujours sût, put se mettre à la place de ceux à qui il avait fait du mal, mais ça ne lui avait jamais rien fait. Aucune honte. Même maintenant. Mais de la peur face à Darren. Peur que ce soit trop, qu’il ne puisse pas l’accepter, et le laisse seul. Darren le serra plus fort quand il le sentit trembler et l’entendit pleurer.

    Ils étaient depuis plus proche l’un de l’autre que jamais. Il arrivait maintenant même que ce soit Darren qui attrape la main de Michael. Ils avaient un an d’écart, l’année prochaine Darren irait au lycée. Michael étudia plus que jamais dans l’espoir de pouvoir sauter une classe. Il avait déjà eu la possibilité plusieurs fois mais ses parents avaient toujours été contre, craignant les paroles du psychologue qui disait que c’était une mauvaise idée dut à son « traumatisme ». Mais cette fois Michael en avait parlé à ses parents, leur parlant ainsi pour la première fois de Darren. Sa mère, tellement heureuse qu’il se soit enfin fait un ami, accepta tout de suite. Elle promettait d’écrire une lettre au lycée quand il y serai inscrit pour leur demander de les mettre dans la même classe. Darren était ravi lui aussi.

    Il fut invité une fois à manger chez eux. La mère de Michael mettait son mari mal à l’aise. « Chéri arrête, tu le reçoit comme si c’était ton gendre… », en effet elle était tellement excitée qu’elle s’était mise à noyée Darren de questions, le gênant au point où il s’était mit à bégayer. A part ça la soirée s’était bien passée. Les deux garçons avaient échangés tellement de regards complices qu’on ne pouvait plus les compter.

    Le jour de la représentation arriva. C’était une comédie de Molières, « Les femmes savantes ». Ici tous les rôles féminins étaient joués par des garçons, et inversement, jouant ainsi encore mieux du thème de la pièce. La pièce était parodié, lui offrant un autre sens que celle connue. Ce n’était pas une des pièces que Michael avait préféré joué, la jugeant trop simple pour lui. Jouer des imbéciles devient vite ennuyeux selon lui. A la fin de la représentation il rejoint sa famille et Darren, toujours en costume. Bien sur sa mère ne put s’empêcher de faire des commentaires. « Oh, mais! J’étais pourtant persuadée d’avoir un fils! », Michael suivit son jeu, et ils inventèrent ensemble que le garçon s’était transformé en fille à la manière d’un conte de fée. Le mari et l’ami regardèrent, leur silence perturbé en rires, face à la seconde pièce que leur offrirent la mère et sa fille. Michael finit par enlever sa perruque, et resta avec eux encore un peu jusqu’à décider de retourner en coulisses pour se changer.

    Le lendemain il ne put s’empêcher de demander à Darren « Alors, j’étais jolie en fille? », et celui-ci lui répondit par la positive. Michael ne s’attendait pas à ça et entendit Darren rire. « T’es… En train de rougir… », il posa ses doigts doucement sur ses joues et les sentis chaudes. Il avait du mal à y croire. L’attitude du timide survint, devenant plus embarrassé qu’à l’habituel. Il alla jusqu’à s’en mordre les lèvres et cacher son visage. « T’agis comme une fille là… », « Ta gueule… ». Les doigts de Darren se posèrent d’abord sur ses oreilles. Elles étaient devenus rouge elles aussi, partageant la même chaleur que ses joues. Alors que les doigts de Darren étaient froid. Ce contact le fit frissonner. Il releva la tête, sortant son visage de ses mains. Leurs yeux se plongèrent l’un en l’autre. Ce contact visuel semblait à Michael plus extraordinaire encore que leurs silences. Il ne pouvait plus voir que Darren. Jusqu’à ce qu’il aperçoive son reflet dans les iris de l’autre. Il lui semblait qu’ils n’étaient plus que les deux seuls au monde. Les doigts de Darren se perdirent dans ses cheveux puis dans sa nuque, l‘attirant vers lui. Le corps de Michael se pencha, lentement, et il posa sa main sur le genou de Darren. Ce ne fut qu’au dernier instant qu’ils fermèrent les yeux, quand ils étaient trop près pour se voir distinctement. Ce baiser là n’avait pas le gout du sang. Et quand leurs lèvres se détachèrent elles ne purent s’empêcher de se coller l’une à l’autre encore.

    Et après? Ils avaient commencés comme maitre et élève, Darren apprenant son monde à Michael. Ils étaient devenus amis, comprenant chacun le monde de l’autre. Meilleurs amis, vivant tous deux dans le même monde. Frères, partageant le sang et les secrets, s’acceptant malgré tout, plus que tout. Et après? Ce n’était pas un baiser comme ça. Leurs ballades main dans la main n’avait plus le même sens. Le temps passé ensemble n’avait plus le même gout. Ils agissaient comme toujours, mais quand leurs yeux se croisaient ce n’était plus le même regard. C’était différent, mais pareil en même temps. Ils étaient tous les deux troublés, en même temps que profondément calme. Et après… ?

    Tout était pareil et tout était différent. Ils se tenaient la main comme d’habitude, mais en mélangeant leurs doigts. Ce n’était pas le temps de quelques minutes. Leurs mains ne se lâchaient qu’avec difficulté lors de la sonnerie. Leurs regards se croisaient trop souvent, se plantaient l’un dans l’autre trop longtemps. Leurs sourires n’étaient que pour l’autre. Les mots et les silences aussi. Ils se coupaient complètement du reste du monde pour n’être que tous les deux. Seuls, alors qu’ils étaient entourés de centaine d’élèves. Les rumeurs n’avaient plus les mêmes conséquences. Ils étaient devenus un couple. Et surtout, quand on venait au début se moquer d’eux pour vérifier la fiabilité - rumeurs ou vérité? - ils ne niaient pas.

    L’information sorti de l’enceinte de l’école.

    Les mots arrivèrent jusqu’aux oreilles des parents de Michael. Ils l’attendait quand il rentrait un soir. Assis tous les deux sur le canapé, à le fixer. Michael eut un temps d’arrêt. Ce qui le choqua c’était leurs yeux. Il pouvait y lire tellement de sentiments mélangés à l’arracher sans prendre le temps de bien touiller pour ne pas laisser de grumeaux, qu’il ne pouvait pas en identifier un seul. C’était le regard de ceux qui n’avaient pas prit la peine de réfléchir eux même un instant sur ce qu’ils ressentent. Généralement, ces gens là font des dégâts. Car s’ils ne réfléchissent pas à eux même, il ne pensent pas un instant aux autres. Les grumeaux sont durs à avaler. C’est un mauvais moment à passer.


    Le lendemain Michael était fatigué et ne prit la peine ni d’écouter les professeurs ni de prendre des notes. Il attendait l’inter classe pour voir Darren. Il ne le trouvait pas. Il chercha un peu partout, erra dans tous les couloirs. Attendit l’heure de la cantine pour sortir de la classe en vitesse et s’adresser à des élèves de sa classe. « Il n’est pas là. », qu’on lui apprit. Il resta un instant à ne rien faire. Se tenant droit comme un piquet, il observait le monde se presser autour de lui. Ce spectacle le dégouta tellement qu’il se sentait près à vomir. Il partit. Quittant l’école en faisant le mur. Il voulait voir Darren mais ne savait pas où celui-ci habitait. Sans lui il n’avait aucune raison de rester à l’école. Il se rendit compte comme sans lui rien ne valait la peine. Il ne rentrait chez lui le soir que dans l’attente de le revoir le lendemain. Mais il ne pouvait pas rentrer maintenant. Il passa sa journée dehors, à la chercher comme il l’avait fait à l’école. Il avait faim et était de mauvaise humeur. Il ne rentra qu’à vingt trois heures, exténué et affamé comme jamais. Cette fois encore, ses parents l’attendait. Avec toujours ce même regard irréfléchi, ce qui ne le surprit même pas cette fois. Sa mère hurla. Son père s’approcha de lui, lui agrippa le bras et lui donna une baffe. Michael ne ressentait rien. Il ne les entendait plus. Enfin, ne comprenait aucun de leur mots. Comme s’ils parlaient une langue différente. Ou que ses oreilles captaient en audio yaourt, ce qui mélangeait les mots pour en faire une mélasse indéchiffrable.

    Il les laissa faire jusqu’à ce qu’ils se calme. Ce qui mit plus d’une heure. Puis, sans rien dire, il alla se coucher. Le lendemain Darren n’était toujours pas là. Michael se dirigea vers la classe de Darren avant même la sienne et vint prendre des nouvelles. Personne ne sait rien. Il fait le mur.

    Cette fois il n’attend pas pour rentrer chez lui. Son père le regarde sans comprendre. Il essaye de demander ce qu’il fait là mais Michael monte tout de suite dans sa chambre. La ferme à clé. Son père tambourine à sa porte. Hurle, encore. C’est ennuyeux. Michael n’est pas énervé. Fatigué, et ennuyé seulement. Il s’allonge sur son lit et goute à nouveau à une vie fade. Il sait ce que Darren fait dans ce genre de moment. Il ouvre son sac et en sort des ciseaux. Il sourit, venant presque à rire, en se disant que son père frappe comme un forcené la porte et s’égosille sans imaginer une seconde que pendant ce temps son fils se scarifie. Il abandonne à un moment. Michael continue. Puis, ça ne lui fait plus rien. C’était drôle parce que son père était là mais ne savait pas. C’est un moment agréable avec Darren, quelque chose qu’ils partagent dans le même sentiment. Mais là ça n’est rien. Il reste sur son lit à observer le sang séché et la croute se former. Il s’ennuie. Essaye de se souvenir ce qu’il fait quand il s’ennuie et que Darren n’est pas là. Ce qu’il faisait avant de le connaitre. Il faisait du mal aux gens. Maintenant il s’en fait à lui-même. Il rêvait, s’imaginait, et jouait la comédie seul ou face aux autres. Décide de prendre un livre et de voir s’il pouvait comprendre et ressentir les sentiments des personnages. C’était tellement facile qu’une fois le livre fermé il s’ennuyait plus encore. Puis il entendit son ventre gargouiller. Ouvrit la porte et descendit. Il devait passer par le salon pour aller jusqu’à la cuisine. Son père y était. Il devait travailler, penché sur son ordinateur. Il l’avait entendu descendre mais ne se retourna pas. Michael prit son temps pour manger, puis son père adossé à la porte lui dit qu’il l’accompagnera pour aller à l’école cette après-midi. Michael eu l’audace de dire « Non. J’irai pas. » et récolta une baffe.

    Son père l’accompagna et attendit de voir son fils rentrer. Michael n’est pas aller en cours. Il est resté à flâner entre les bâtiments, attendant l’heure de sorti. Chez lui il se dirigea directement dans sa chambre où il se laissa tomber sur son lit. Il resta comme ça longtemps et entendit sa mère rentrer ainsi que les voix s’élever au rez-de-chaussée et les pas furieux dans l’escalier. Il n’avait pas fermé sa porte cette fois, elle était même entre ouverte. Sa mère hurlait rarement après lui. Elle était plutôt contre hurler et frapper un enfant et laissait plutôt cette tâche à son mari. Cette fois là, elle se lâcha complètement. Elle hurlait après son comportement, disait ne pas comprendre ce qui arrivait à son fils. Michael la regardait d’un œil, l’autre caché dans l’oreiller. Il se fichait complètement de chacun de ses mots mais les écouta tous soigneusement. Il savait qu’elle allait tout lâcher cette fois, qu’elle dirait tout ce qu’elle a sur le cœur. Alors il l’écoutait. Ce serrait à son tour ensuite de parler.

    Il le sentit. Ce moment. Celui qu’il attendait. Elle répétait des choses déjà dites. C’était pour bientôt. Elle commençait à bégayer légèrement. De rage. Se mordait les lèvres, fermait les points, faisait des gestes furieux. Fermait les yeux, fort, à rider sa peau. Il attendait. Commençait à se relever tant il sentait le moment arriver. Sa langue sortit, puis ses dents se crispèrent, et elle lâcha enfin le nom de Darren. Elle ne savait rien à propos de lui. A propos d’eux. Michael était assis sur son lit. Il observait sa mère et il lui semblait qu’elle était la personne la plus stupide de l’univers. Son père était là aussi, appuyé à la porte encore. Quand sa femme eut fini, tremblante, il la prit dans ses bras. Elle pleurait maintenant. Michael se rendit compte que ce qu’il ressentait pour ses parents à ce moment était du dégout. « Explique-nous. » lâché avec un regard sévère. Il était plus fort qu’eux. Il n’avait rien à craindre d’eux. Ils étaient là comme deux insectes qu’il pouvait comme il voulait écraser.

    Il n’avait pas envie de parler, mais ses parents insistèrent. Son père répétait « Explique-nous » de plus en plus fort, finissant par hurler. « Tu veux que je t’explique quoi? » sorti la voix agacée de Michael. « Ce qu’il se passe avec Darren. C’est une blague n’est-ce pas? », la remarque lui donnait envie de tuer son père. Il se mit à rire. Un rire angoissant qui fit les yeux ronds aux parents. « On sort ensemble. Et c’est sérieux. », qu’il finit par dire en souriant. Mais ce n’était pas le sourire que ses parents lui connaissait. Ils étaient perturbés. Crièrent à nouveaux, mais leurs voix à chaque fois se perdaient avant qu’ils ne puissent finir leurs phrases. Ils commençaient à se rendre compte qu’ils ne connaissent pas leur fils. Qu’ils ne savaient pas qui était cette personne en face d’eux. Michael… Trouvait cette situation amusante. Comme les adultes pouvaient être pathétique! Usant tant de grands mots, se croyant plus important que tout, et si fragile en fait. Ils veulent se donner l’allure d’un château fort mais ne sont que des châteaux de cartes. Michael avait envie de les briser soudain. De souffler pour voir les cartes tomber.

    La soirée s’est bien entendu très mal terminée. Le lendemain Michael se rendit à l’école avec le sourire. Il s’était diverti hier alors il se sentait capable d’endurer une journée barbante de cours. Avant de rentrer chez lui il alla à la direction demander des nouvelles de Darren, mais ils ne savaient rien. Le week-end est passé lentement. Les parents avaient maintenant peur de leur fils. Ils n’avaient plus osés rien lui dire. Le samedi il était allé à son cours de théâtre, et le dimanche… Il est resté toute la journée sur le canapé à ne rien faire. Ne sortant de cette position que pour manger et aller aux toilettes. Jusqu’au soir où il retourna à sa chambre. Ils ne savaient plus quoi faire, comment réagir face à ça.


    Lundi Darren n’était toujours pas là. Michael ne disait plus rien, ne répondant pas quand on l’appelait ou le questionnait. Il se laissait aller. Mardi toujours rien. Il n’y avait plus personne pour parler à la maison. Mercredi rien de nouveau. A part qu’en rentrant ses parents l’on emmené voir son psy, lui expliquant ce qui arrivait. L’homme essaya de calmer les parents. Leur expliquant que leur fils faisait juste une crise d’adolescence. « A cet âge là les adolescents aiment défier l’autorité parentale. Ce n’est pas un comportement étonnant. Et pour ses relations, hum… L’adolescence est un âge difficile… Pleine de questionnement… On peut se découvrir de nouveaux penchants, de nouvelles envies… Enfin, dans le cas de votre fils je ne pense pas que ce soit à prendre au sérieux. C’était peut être juste pour essayer. Ou alors est-ce une rébellion… Un moyen comme un autre de vous énerver… Vous montrer qu’il a une emprise sur vous… ». Que des conneries. Mais Michael laissait dire. L’homme le faisait rire à dire tant de bêtises.

    On lui demanda ensuite de parler. Il ne dit rien. N’en voyait pas l’intérêt. Ils avaient beau insister, rien ne sortit d’entre ses lèvres. Il décida de ne plus les écouter. Il n’eut bientôt plus envie de rire. La vie ça la faisait chier. Il en avait marre. Il s’ennuyait. Semblait ne pouvoir faire que ça. Et puis donc quoi? Le psy disait que ou il était gay ou c’était juste pour faire chier son monde. Michael ne sait pas. Aucun des deux, un peu des deux. Une sorte de mélange mal foutu, comme le monde. Il ne sait plus.

    L’aime-t-il seulement après tout? Oui… C’est plus qu’un frère. Darren est devenu son monde. Et il sait que c’est réciproque. Ils sortent ensemble. Mais pas comme les autres. Ils ne sont pas comme les autres après tout. Il n’existe pas vraiment de mots pour les décrire. Que Darren ai été un garçon ou une fille n’aurait rien changé. Enfin… Il croit. Il ne savait plus quoi penser. Est-ce que ça a de l’importance? Ils se parlent tous les deux en silence. Ils échangent tout en un regard. Pas besoin de mots entre eux. Pas besoin de penser. Juste de ressentir. Alors il n’avait pas vraiment à se poser la question… Non?

    Jeudi Darren n’était toujours pas là. Michael retourna voir la direction. Leur dit de faire leur boulot, d’essayer de s’informer un peu. Comme appeler les parents pour savoir ce qu’il se passe, s’il revient bientôt. Ils jurèrent faire quelque chose mais Michael ne les croyait pas. Il demanda avoir son numéro ou son adresse. On lui dit gentiment de foutre le camp.

    Cette situation l’énervait. Il s’était peut être passé quelque chose de grave. Peut être… Le même soir où ses parents on apprit pour eux deux, ceux de Darren l’ont aussi su. Il ne connait rien de sa mère mais le père est violent. Et si…
    Michael ne pouvait rien faire. Cette situation le frustrait au plus haut point. Il ne savait pas comment il allait, ni même où il était. Il ne pouvait pas l’aider. Il ne pouvait rien faire…

    Vendredi, toujours rien. Michael s’asseyait, ne sortait pas ses affaires, et se laissait tomber sur sa table. Voilà tout ce qu’il faisait de ses cours. Ne répondait pas aux profs. Ceux qui en avaient assez le foutait dehors. Il sortait alors et se laissait tomber dans les couloirs. N’alla pas à la cantine, ne se sentant pas la force de manger. Il refusa de manger également le soir chez lui. Sa mère vint pour le trouver. Elle s’assit sur le lit où son fils s’était laissé tomber. Elle hésita un instant puis se mit à lui caresser les cheveux. Lui parlait. Mais il n’écoutait pas. Savait que ça n’avait pas d’importance. Elle disait juste des mots de réconfort. Ces mots qui ne réconfortent personne.

    Il ne l’aimait pas. La détestait même. A cet instant elle n’était que nuisance. C’était sa faute. Tout était de sa faute. A elle, à son père, aux gens de la direction, au monde entier. Rien n’allait. Sa tête lui faisait mal. Son ventre gargouillait et il lui donnait des coups pour le faire taire. Il n’en pouvait plus de sa main dans ses cheveux, la rejeta. N’en pouvait plus de ses mots, se leva et l’insulta. Il lui hurla dessus comme elle l’avait fait. Lui crachait toute sa haine. Il vit sa mère plus choquée que jamais. Son père arriva, alerté par les cris. Michael se tourna vers lui et ce fut son tours de s’entendre dire ses quatre vérités. Puis il alla trop loin. Après les avoir tous les deux remis à leur place, il les sermonna sur lui-même. Leur criait quels mauvais parents ils étaient, ainsi que des imbéciles. Leur avouant les « grosses bêtises » qu’il avait faites. Ce qu’il s’était vraiment passé avec son professeur de gym, le groupe de délinquant, son ancienne école, les mensonges constamment, son psy qui n’a jamais rien remarqué, à quel point il déteste la vie et toutes les fois où il s’est mit en danger juste pour le plaisir…

    Il s’était mis à pleurer. Sa gorge commençait à le faire souffrir. Pour couronner le tout, mettre la cerise sur le gâteau, vu que plus rien n’avait d’importance, il releva ses manches. Ses parents découvrirent ainsi ses scarifications.

    C’était foutu maintenant.

    Personne ne lui cria dessus. Sa mère pleura. Son père parti. Et il ne se sentit pas aussi bien qu’il l’aurait cru. C’était même pire maintenant. Il se sentait tellement mal qu’il se laissa tomber au sol. Sa mère quitta sa chambre elle aussi. Il était laissé seul. Ses parents n’étaient pas Darren. Ils ne pourraient jamais le comprendre, jamais l’aimer véritablement. Seul Darren…


    Personne ne pouvait le pardonner. C’était un monstre, maintenant personne ne le nierait. Le samedi il n’est pas allé à son cours de théâtre. Il se serait surement senti mieux, au moins un peu. Justement. Il ne méritait surement pas d’être heureux après tout ce qu’il avait fait, il le sait…
    Ses parents ne lui parlaient pas. Ne le regardaient pas. Faisaient comme s’il n’était pas là. Ça le blessa plus qu’il ne l’aurai cru. Il resta comme un poids mort. Ce n’est pas qu’il regrettait ce qu’il avait fait, il en était resté de bon souvenir, mais à quoi bon tout ça? Il n’en ressortait qu’il était très fatigué.

    Le lundi personne ne le réveilla pour lui dire d’aller à l’école. Il resta allongé dans son lit jusqu’à seize heure, où sa faim le tiraillait trop. Encore en pyjama, il alla dans la cuisine, prit un paquet de gâteau et s’assit sur la table. Comme il en avait l’habitude. Ou plutôt, comme sa mère le laissait faire quand ils n’étaient que tous les deux. Il la revoyait danser sur du Elvis Presley. Chanter les paroles avec sa cuiller en bois comme micro. L’énergie et la bonne humeur qu’elle y mettait. Comment elle l’entrainait à chaque fois et qu’ils chantaient et dansaient ensemble. Et les repas brulé. Il n’y avait plus de repas brulé maintenant. Soudain, ça lui manquait. Ces plats foutus étaient meilleurs que ceux qu’ils mangeaient maintenant. Parce qu’il y avait de bon souvenirs dedans.

    Il se mit à pleurer et rire en même temps. Il avait presque oublié comme il aimait Elvis Presley. Comme tout était plus simple à l’époque. Il n’y avait pas de problèmes. Ses parents étaient un peu bêtes mais pas stupides et inutiles comme ils l’étaient maintenant. Ils étaient une famille heureuse. A cette époque il les aimait encore. Même son père qui voulait tellement le voir faire du sport. Même les grands parents, oncles, tantes, cousins, cousines… Tout ces gens chiant qu’il n’arrivait plus à supporter maintenant mais avec qui il avait réussit à rire étant petit. Quand son talent pour le théâtre n’était que pour les imitations et pas pour les mensonges et les manipulations.

    Il regrettait.

    Ne pouvait-il pas redevenir un gosse à nouveau? A cette époque où le monde était si beau… Pas des taches mal foutus rendant le tout très laid, perdant si souvent ses couleurs. Ses parents ne dirent rien en rentrant. Qu’il soit en pyjama ne leur fit rien. Encore une fois, ils l’ignorèrent complètement. Ou si. S’il pouvait mourir. Tout serait fini. C’était la seule possibilité vu qu’il ne pouvait pas retourner en arrière. Michael se mit à y penser sérieusement. Imagina toute la nuit de quelle façon il allait se tuer.

    Puis vint le mardi. Il n’avait pas été réveillé à nouveau. Tant mieux, il s’était endormit tard. Et se réveilla tard. Sa journée ne se déroula pas vraiment différemment de la veille. Quand ses parents rentrèrent il était encore en pyjama. Ils allèrent s’assoir sur la canapé, en face de lui. Et ils lui parlèrent. Lui expliquant qu’ils ne pouvait, bien entendu, pas le pardonner pour tout ce qu’il avait fait. Qu’ils ne voulaient plus de lui chez eux. Chez « eux ». Plus chez « nous ». Michael acquiesça. Ils continuèrent en parlant d’un établissement au nom quelconque que Michael ne retint pas. « Un endroit pour les cas comme les tiens. ». Michael failli en rire. Parlaient-ils d’un hôpital psychiatrique? Il allait se retrouver avec une belle brochette de dégénérés.
    Il accepta, simplement, résigné.

    Ils lui donnait la fin de la semaine pour préparer toutes ses affaires. Il prit son temps. Parcourait la maison dans tous ses recoins. L’abandonnant. Faisant glisser ses mains sur les murs. Pour se souvenir. Il allait tout perdre. Il était prêt, enfin.

    Sauf que. Darren. Le samedi il demanda, mais c’était formulé comme un ordre, à le voir. Ils allèrent tous les trois à l’école, pour le désinscrire, et tenter de connaitre l’adresse de Darren. Il semblerait que la demande faites par les parents aient plus de poids que faites par l’élève, ce qui l’énerva un peu. Le père conduit jusqu’à l’adresse indiqué. C’était un immeuble et ils entrèrent tous les trois dans l’ascenseur. Aux pas de la porte ils sonnèrent plusieurs fois mais n’obtinrent aucune réponse. Ses parents se résignèrent mais pas Michael. A un moment une voisine est sorti de chez elle pour savoir ce qu’il se passait. Elle eut une brève conversation avec les deux autres adultes et leur avoua ne pas avoir vu ses voisins depuis un moment déjà.

    Ils retournèrent à la voiture, puis Michael fut emmené à la gare. Ça ne lui allait pas de partir comme ça sans dire au revoir à Darren mais il ne pouvait plus rien y faire maintenant.


    Il accepta son sort, et fait désormais parti du Pensionnat Coates. Il ne lui fallu pas longtemps pour s’habituer. Ou, en tout cas, pour en donner l’impression. Ouais, il va mal. Mais comment de toute façon il pourrait aller bien? Ça n’a pas d’importance. Les gens n’ont pas besoin de savoir. Alors il sourit. Oh, il le fait tellement bien que personne ne se rend compte de rien.

    Il joue le gentil garçon, même si là encore, son supposé caractère change d’une heure à l’autre. Il se laisse aller. Ne donne d’importance à rien. Va en cours ou sèche. Fait un contrôle sérieusement et récolte la note maximale ou presque, ou rend une feuille blanche.

    Joue comme jamais. Dès qu’une occasion se présente. N’importe quel texte à lire en cours ou en dehors. Il y met la voix, le ton, la gestuelle. Il accepte la présence des autres près de lui. Non, il n’a pas vraiment d’amis. Mais ça peut y ressembler. De loin.

    Il n’écrit pas de lettres, ne reçoit rien. Pareil pour les appels. Jusqu’à ce que ça fasse presque six mois qu’il ait été interné. C’était sa mère. Il ne s’y attendait pas. Elle voulait dire quelque chose mais c’était incompréhensible derrière ses larmes. Le père prit sa place. Il semblait toujours mieux gérer la situation. Il l’appela « fils », Michael en trembla. Depuis quand l’appelait-il comme ça? C’était Mickie au mieux, Michael, ou à la rigueur, fiston. Mais pas fils. Pas ce terme trop ferme et trop lointain. Il lui parla. Lui raconta une situation qui ne semblait ne plus avoir aucun rapport avec lui maintenant. Puis il lâcha un groupe de mots, au poids plus lourd que les autres. Avec la même voix, formelle, mais sans gravité. S’ils avaient été face à face Michael l’aurait frappé.
    « Ta gueule. »
    Il continuait à parler.
    « Ta gueule! »
    Il ne s’arrêtait pas.
    « Ta gueule, ta gueule, ta gueule! »
    Michael tomba à terre. Laissant le téléphone tomber avec lui. Bien qu’il resta suspendu en l’air par son fil. Il pleura, fort, se mettant à hurler, et tant pis si son père l’entendait. Tant pis si n’importe qui l’entendait. Ou tant mieux. Qu’ils l’écoute brailler, gueuler à tous de se la fermer.

    Darren s’était suicidé.


    « Michael? Et bien… Je ne pense pas qu’il y ai grand-chose à dire sur lui. C’est juste un garçon banal, non? Enfin des fois il fait des choses bizarre… Quand il change de personnalité. Du coup je ne sais pas comment il est vraiment. Il faut croire que cette situation l’amuse. Je dis ça parce qu’il fait ça souvent. C’est qu’il doit y trouver du plaisir après tout. C’est un comédien alors ça doit être sa vie. Ça doit vouloir dire qu’il est passionné, c’est une bonne chose! Après je n’en sais pas plus… Mais il a l’air d’aller bien. Voilà… Je n’ai rien d’autre à en dire. »


    IV. « I lived a lot of different lives
    Been different people many times »




    Votre nom ou pseudo : Chris.
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    Avatar : Yuki Tachimukai, Inazuma Eleven.
    De quelle façon avez-vous découvert le forum ? : Will c'est mon frère.
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Re: « Don’t care if you think I’m dumb, I don’t care at all »

Message  Michael Andrew Taylor le Ven 13 Juil - 14:59

Double post pour dire que j'ai terminé :D
Et désolé, à la base l'histoire devait pas se finir si mal... J'espère que ça ira quand même éè
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Re: « Don’t care if you think I’m dumb, I don’t care at all »

Message  Drake Merwin le Ven 13 Juil - 18:33

    ... Woaaaah. Ça c'est une bête de fiche XD J'aime beaucoup, c'est triste sans tomber dans le pathos, on comprend bien les pensées du petiot et les fautes sont rares ! Donc je te valide sur le champ, et te souhaite de bien t'amuser sur Coates 8D
    Ah oui, au fait, bienvenue ! ♥

    Validée > Normaux

    (Pour le design, il faudra que j'y remédie la prochaine fois... Y avait pas autant de mecs inscrits avant, aussi XD)


EDIT Dekka : Mon dieu, toi je t'aime. ♥ (Je voulais valider ta fiche mais Drake a été plus rapide que moi, bouhou ;w;)

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Re: « Don’t care if you think I’m dumb, I don’t care at all »

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