Amyas Crale ou la délinquance sur le chemin de la perversion

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Amyas Crale ou la délinquance sur le chemin de la perversion

Message  Amyas Crale le Lun 30 Aoû - 10:32

    I. Casier Judiciaire

    • Prénom, nom – et surnom s'il y en a un : Amyas Crale
    • Age, date de naissance :
    16 ans, né le 9 mai 1992
    • Lieu de naissance et origine : Los Angeles, origine américaine
    •Orientation sexuelle :
    Bisexuel
    • Date d'arrivée au pensionnat: Fin aout 2008
    • Cause : Officiellement, il a été envoyé au pensionnat afin d'assurer sa protection. Officieusement, ses parents ont surement voulu l'empêcher de continuer sur le chemin de la délinquance.
    • Manie, habitude :
    Jure comme un charretier intérieurement (ou pas) dès qu'il est contrarié
    • Aspiration, ambition : Vivre avec le moins de contraintes possibles, retrouver Ariel?
    • Groupe désiré : Normaux
    • Sentiments envers les Dégénérés : Du moment qu'ils lui foutent la paix, il ne fait pas attention à eux.
    • Relations avec les autres élèves : Amyas n'a jamais eu beaucoup d'ambition. De ce fait, il ne comprend pas vraiment l'intérêt de Caine qui veut avoir à tout prix le pouvoir sur les autres élèves. Il le trouve un peu bizarre. Sur ce point, nous ne dirons même pas ce qu'il pense de Drake. Quant à Diana, il ne l'apprécie pas particulièrement. Peut-être que son coté manipulateur lui rappelle Ariel.


    II. Enquête détaillée



    Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu être un gangster.
    Les Affranchis,Henry Hill


    Le chat n'avait vraiment pas eu de chance, pourtant cette fois il y avait cru. Il l'avait recueilli dans les environs du vieux port, il y a de ça deux semaines environ. Un record pour lui. Les autres infortunés réfugiés n'avaient pas tenu plus de trois jours. On pouvait déplorer Bubu le crapaud qui avait explosé suite à l'allumage d'un pétard glissé dans son orifice annale (on lui avait assuré que cela déclencherait des étincelles bleues – ce qui était, il le savait maintenant, un fieffé mensonge), Suri la souris qui s'était retrouvée avec un trou gros comme une pièce deux euros dans la tête suite à une partie de fléchettes bien arrosée, et Bâtard le chiot qui avait fini en bouilli écrasé sous les roues de la mercedes qu'il avait tenté de conduire - de toute façon, il avait toujours détesté les chiens. Tout cela pour dire que la nurserie en particulier d'animaux, n'avait jamais été son fort.
    Mais cette fois-ci le décès du chat - Gribouille pour les intimes – n'était pas de sa faute, du moins pas directement:
    « Ah ah ah, il est plein de mousse, il est gonflée comme une vieille outre.
    -C'est dégueu, éloigne-le, il met du sang partout.
    - Je vous avait dit que c'était carrément une pas bonne idée la machine à laver, en plus maintenant j'ai l'impression qu'elle est cassée. »
    Parfois, le sort est bien ironique. On aurait dit que ce pauvre chat avait survécu jusqu'ici dans le but de connaître une fin encore plus tragique. Il avait pourtant plutôt bien encaissé l'épreuve du savonnage.On aurait juste dit une de ces espèces de sacs en formes d'animaux pour sale gniard qu'on distribue dans les fêtes foraines. Néanmoins le séchage avait été une entreprise plus ardu. L'infortuné félin avait commencé à se cogner avec force au paroi métallique du tambour répandant de plus en plus son sang. On pouvait espérer qu'à ce stade là, son trépas était déjà venu. Au final, on avait ressorti de la machine une masse sanguinolente qui n'avait plus de rapport avec le chat qu'il était jadis.
    « Bon tu vas nous dire où t'as rangé notr' fric ou c'est toi que je fous dans c'te machine.
    -Mais Gordon, il rentrera jamais!
    -Oh toi ferm'la ou c'est toi que je fourre d'dans.
    -Mais... Mais je rentrerai pas non plus.....
    -Oh ta gueule..... »
    Ce qu'Adrian savait en tout cas, c'est que la principale caractéristique des deux sous-fifres n'était pas l'intelligence. Le plus fort des deux s'appelait Gordon, grand, blond, musclé, il était l'archétype du joueur de foot américain toujours accompagné par une bande de pom pom girl décérébrées. Le niais qui l'accompagnait, quant à lui, se nommait Jérôme, également grand mais maigre comme un fil de fer. On aurait pu le croire beau avec ses cheveux bruns et ses beaux yeux vert s'il n'était pas affligé de strabisme et d'une démarche de canard. C'était de plus un fieffé trouillard.
    Ils jouaient, tous deux, à lécher les basques d'un des plus gros truand de la ville, Ariel. Et gare à celui qui aurait eu envie de lui faire une blague à propos de sirène ou de lessive liquide. Le dernier ayant eu cette brillante idée s'était retrouvé à laper l'eau nauséabonde des toilettes des vestiaires du terrain de foot.
    Ariel était, il fallait le dire, extrêmement intelligent, il n'était pas arrivé à déloger le précédent chef en claquant des doigt. Mais en réussissant à trouver quelques individus bien placé -c'est à dire les nombreuses prostitués qu'employait régulièrement son prédécesseur- afin de connaître ses habitudes et déjouer la surveillance des lieux. De toute façon, le stupide ancien boss n'avait jamais forcé la sécurité, se jugeant trop craint et intelligent pour se faire attaquer. Tout cela pour dire qu'Ariel n'avait eu aucun mal à lui trancher la gorge au moment voulu et sans que personne ne puisse l'en empêcher. Puis il avait tué les filles de joie pour leur « indiscrétion » envers leurs ancien boss. Il avait par la suite inventé un mensonge à base de cousin héritant de la fortune familiale mais de toute manière, personne n'était plus là pour le contredire ou se gardait bien de le faire. Ses activités se limitait principalement à la revente de diverses drogues, au proxénétisme, à la destruction de gangs rivaux et au passage à tabac d'innocents ayant le malheur d'être au mauvais endroit au mauvais moment. Bref le sort d'Adrian pour le moment n'était absolument pas enviable même pour quelqu'un d'extrêmement optimiste.
    Mais les choses se corsèrent encore plus quand le fidèle bras-droit du dit Boss arriva. Il se nommait Amyas, mesurait plus d'un mètre soixante-quinze - Ariel recrutait rarement des maigrichons- musclé sans être un bodybuilder, intelligent, arrogant, toujours un sourire narquois scotché sur sa tête de nœuds. Il possédait d'épais cheveux gris-bleu -pas très naturel cette affaire- assorti à ses yeux bleus, ce qui lui conférait un certain charme. Il restait toujours dans l'ombre d'Ariel mais Adrian le soupçonnait d'avoir d'autre projet que lèche-croquenot royale.
    Sa venue n'annonçait rien de bon, en général, il n'était sollicité que pour les affaires sérieuses et les coupables ne s'en sortait pas indemne. Adrian regretta amèrement d'avoir fauché cet argent. Et surtout il regretta amèrement de s'être frotté à plus fort que lui...



    Travailler en collaboration, cela veut dire prendre la moitié de son temps à expliquer à l'autre que ses idées sont stupides.
    Georges Wolinski


    Amyas se sentait heureux. Cette soirée était la définition qu'il donnait de la perfection. Il avoir rejoint Ariel dans sa suite de l'hôtel Saint Denis, la plus luxueuse de la ville . Amyas savait qu'il déboursait l'équivalent du salaire d'un ouvrier pour trois jours dans le réputé hôtel toute pension compris. Ils s'étaient diverti comme toute personne saine de leur age vivant en milieu aisé. Amyas allait sur ses seize ans mais il faisait croire à qui lui posait la question qu'il en avait dix-huit, il faisait mature de toute manière. Ariel quant à lui avait vingt et un ans, il avait pris la place de l'ancien boss a seulement dix-sept ans et pour cela, Amyas le vénérait.
    Après ces plaisirs habituels, Ariel lui avait fait part de la trahison d'Adrian, ce petit crétin qui s'était fait la malle emportant avec lui tout le rendement d'une semaine de deal. Il lui confia la mission d'accélérer le rapatriement de son argent. Cette abruti de Gordon et son non moins stupide acolyte étaient partis dans l'après-midi et à plus d'une heure du matin, ils n'étaient toujours pas revenus.
    Il se rendit donc près de la bicoque de son infortuné ex-associé dans le but de lui tirer les vers du nez avec violence à la clé si nécessaire. De l'extérieur, il entendit des bribes de conversations où il était question de chat et de machine à laver. Il ne voyait pas à priori et présenté comme cela le rapport entre les deux mais il compris vite en voyant le chat, enfin ce qu'il restait du chat. Il apostropha les deux truands de la sorte:
    « Bordel, qu'est-ce que vous foutez? Vous avez rien de mieux à faire que de disséquer des animaux! On vous attend depuis trois plombes, le Boss est furax!
    -C'est pas de notr'faute, on pensait que si on tuait le chat, il parl'rai.
    -Putain, laissez moi faire et débarrassez moi de cette charogne.
    -Pardon,pardon Amyas, on savait pas que l'affaire était urgente. Faut pas nous en t'nir rigueur. »
    Ah, il adorait vraiment ses paroles quand la grosse brute le suppliait d'agir en sa faveur auprès d'Ariel. Mais bon, il n'avait pas le temps de s'attarder, c'est pourquoi il se dirigea vers la petite chose attaché pieds et poings liés dans un coin de la pièce dans le dessein de lui faire cracher le morceau.
    « Bonjour mon petit, alors où as-tu planqué cet argent? Je suis sur que vu toutes les horreurs qu'on t'as raconté sur moi tu seras très heureux de me le dire, si tu ne veux pas que je te tranche ta putain de gorge!
    -Euh..... euh..... beuuuuuuuuuh, uh uh
    Il ne manquait plus que ça, que ce pauvre type se mette à pleurer, c'était vraiment pitoyable.
    « Arrête de chialer comme une gonzesse et répond!
    -Dans la caaaaaaaaaaave »
    Ben voilà, c'était pas bien compliqué, on avait enfin une réponse. A quelque chose près, sa mauvaise réputation avait du bon. Il avait entendu nombres d'histoires abracadabrantes à son sujet. Parmi les plus bizarre, il y avait celle où il arrachait les testicules d'un mec à mains nus pour ensuite les enfourner dans sa bouche pour les déguster. Vous aviez dit « bizarre »? Arracher des testicules c'était déjà immonde mais les manger, Amyas n'y aurait jamais pensé, même dans ses cauchemars les plus fous. Les gosses du quartier adoraient inventer des histoires gores qu'ils se racontaient pendant leurs veillés au coin du feu aux heures dites « effrayantes ». Amyas ne savait pas vraiment s'il devait s'inquiéter ou se réjouir d'être considéré comme un monstre au même rang que Molly la poupée tueuse ou Freddy le pédophile psychopathe et tous autres sympathiques personnage du même acabit.
    Il était maintenant temps de mettre les voiles. A quatre heures et demi du matin, ses parents devaient commencer à s'inquiéter. S'il voulait éviter un interrogatoire pointilleux, il avait tout intérêt à se dépêcher. Il demanda à Gordon et Jérôme d'aller récupérer l'argent puis de s'occuper d'Adrian qui allait assurément se retrouver dans le fleuve non loin de là. En espérant que le sale gosse savait nager sinon il n'aura qu'a prier sa bonne étoile pour que le courant le ramène près du rivage. Bizarrement, le sort que ce pauvre garçon allait subir lui rappela sa propre rencontre avec Ariel.



    La seule chose que la politesse peut nous faire perdre c'est, de temps en temps, un siège dans un autobus bondé.
    Oscar Wilde


    C'était un soir d'hiver, et comme d'habitude Amyas allait arriver en retard chez lui, enfin trop tard pour ses parents. Il était dix-neuf heures et il aurait dû rentrer à dix-huit heures trente. Ses parents, Monsieur et Madame Crale, étaient des personnes bien sous tout rapport. Ils donnaient régulièrement une somme importante d'argent aux œuvres de bienséance de la ville. Ce qu'ils pouvaient aisément se permettre étant donné qu'ils étaient la troisième plus grande fortune de la ville, ce qui n'était pas rien dans la grande métropole. Monsieur Crale, Philippe de son prénom, dirigeait une grande entreprise qui fabriquait des crayons. Cela pouvait paraître comique à première approche mais elle avait fait sa fortune. Il avait hérité l'entreprise de son père Gérald Crale. C'était une entreprise de famille et Monsieur Crale fils comptait bien s'enrichir en commençant la vente de colle en tube. Bref, rien de très palpitant.
    Madame Crale, quant à elle, était femme au foyer. Elle se contentait d'essayer d'être une bonne épouse et une bonne mère. Ses compétences s'arrêtait au réconfort qu'elle apportait à son mari stressé par ses affaires et à la lecture d'histoire du soir quand Amyas était petit. Elle n'avait jamais touché à un balai de sa vie, le mot « repassage » lui donnait de l'eczéma et elle ne savait même faire cuire des pâtes. Amyas n'avait pas de frère ou de sœur. Ses parents estimaient qu'il avait déjà bien assez à faire avec un seul enfant mais ils avaient consenti à lui acheter un chien pour apaiser sa prétendu solitude. Amyas détestait cordialement ce chien: il était sale, il bavait et il ne faisait rien d'autre de sa journée à part dormir, et il fallait en plus le promener pour qu'il fasse ses besoins. Il aurait préféré avoir un chat.
    Tout cela pour dire qu'Amyas rentrait tranquillement chez lui. Il avait pris une petite ruelle adjacente à la grande avenue pour aller plus vite quand un groupe d'individu l'interpella:
    « Hé, t'as perdu ton porte feuille! »
    Amyas se retourna afin de le ramasser, mais il ne vit pas de porte feuille. Soudain il songea que c'était idiot car il n'en avait pas. Mais c'était trop tard, un des membres du groupe l'envoya brouter l'herbe en lui assenant un coup de batte de baseball -sorti d'on ne sait où- à l'arrière du crane. Quand il se réveilla, il avait un abominable mal de crane et il voyait flou. Il se trouvait dans un entrepôt désaffecté de l'autre coté de la ville et il faisait nuit noire. Amyas se dit que décidément cela n'engageait rien de bon...
    Et il avait raison. Trois minutes après qu'il eut ouvert les yeux, il se prit un phénoménal coup de poing dans la mâchoire. Il crut même que toutes ses dents allaient tomber et il faillit perdre de nouveau connaissance. Mais soyez sans inquiétude, son réveil fut accéléré grâce à la plongée de sa tête dans une bassine d'eau glacée, qui est ce qu'il y a de plus revigorant. Amyas était en ce temps là un innocent petit collégien dont les seules préoccupations était sa réussite scolaire, Nelly la plus jolie fille de la classe ou encore qui avait la plus grosse... Mais bref là n'est pas le sujet.
    Il était en intense réflexion sur le pourquoi du comment on le maltraitait. C'est vrai qu'il avait malencontreusement amputé l'oreille de son chien adoré mais qui s'en souciait? Et il y avait aussi la blague de la cire froide dépilatoire dans le shampoing de madame Russule la gouvernante. D'ailleurs il fallait vraiment être crétin ou aveugle, ou les deux, pour ne pas s'en rendre compte. La pauvre avait du se couper les cheveux à trois centimètre du crane et dégageait une furieuse ressemblance avec une Drag queen, mais globalement elle avait meilleur mine. Et les cheveux de Jessica, cette grosse salope qu'il avait réussi à coincer dans son casier en le refermant brusquement. Elle avait eu ce qu'elle méritait. Après tout elle n'avait qu'à pas le draguer et se mettre à hurler en le traitant « d'impuissant à la saucisse de cocktail défraichi quand il l'avait rembarré ». Il paraît qu'elle était resté coincée toute la journée avant qu'un surveillant compatissant veuille bien couper le cadenas. Amyas ayant balancé la clé dans la cuvette des chiottes. Une belle tranche de marrade en perspective. Enfin rien qui justifiait qu'il se fasse casser la gueule en ce moment même.



    N'importe qui peut sympathiser avec les souffrances d'un ami. Sympathiser avec ses succès exige une nature très délicate.
    Oscar Wilde, Phrases et philosophies


    Mais innocent ou non, le gang n'en avait pas fini...
    « Alors, on veut savoir où est ton chef?
    -HEIN?
    -On dit pas « HEIN? », on dit « excusez-moi monsieur Antoine, pourriez vous répéter? »
    -Euh... Excusez moi monsieur Antoi.....
    Il n'eut pas le temps de finir qu'il se prit un deuxième coup de poing dans le ventre qui cette fois lui fit recracher son déjeuner de midi.
    « J'ai dit « Ou est ton CHEEEEEEF? T'es crétin ou quoi? C'est trop dur à comprendre pour ta petite CERVELLE?
    -Euh... Euh, il est... euh.. à la piscine! C'est ça à la piscine.
    -A la piscine? Tu te fous de moi on dirait, tu souffres pas assez?
    -Mais il y est pour... euh... revendre de la drogue avec un client méga important! La drogue est caché dans son tube de crème solaire et comme ça ben euh... c'est plus discret!!!!
    Décidément, Amyas était en sale posture. Même lui se rendait compte que son mensonge était bidon et ça n'alla qu'en empirant quand un des membres du groupe prit la parole:
    « Je savais pas que Boris était dealer, il fait de la revente maintenant?
    -Ben oui c'est pour....euh.. arrondir ses fonds de mois, ça m'étonne pas que vous en ayez pas entendu parler, c'est tout récent ah ah aha... Je peux partir maintenant?
    -Tu rigoles mon petit, faut déjà qu'on vérifie tes dires. Et je souhaites pour toi que tu mentes pas sinon on te confie à Ariel et lui il saura te faire parler.
    -Ouais surtout que les petits jeunes dans ton genre, c'est ses préférés!
    Amyas sentit son dernier espoir s'écrouler. Il ne connaissait pas cet « Ariel » et n'avait aucune envie de faire sa connaissance. Quel nom de merde d'ailleurs. Il espérait qu'Ariel n'était pas un de ces tordus pervers pédophiles qui trainaient le long de la grande rue. Il avait déjà eu affaire à l'un deux. Depuis il avait appris à se méfier de gentil monsieur aux yeux innocent lui proposant plein de sucettes et de jeux rigolo qu'on peut faire à deux. Surtout si cet adorable vieillard s'habille avec un imper beige et semble compléter sa tenue par un mini short (j'ai bien dit « semble »).
    Le gros bras du nom d'Antoine envoya un de ses sympathiques acolytes à cette prétendue piscine qui devait d'ailleurs être fermé à cette heure si elle avait un jour existé. Amyas monta dans une impressionnante Rolls Royce, cela le conforta dans l'idée qu'il avait affaire à une sorte d'organisation terroriste. Ils s'engagèrent sur l'autoroute et entrèrent dans un hôtel très « chicos » qui, il le savait aujourd'hui, était le QG favori d'Ariel. Il ne tenta même pas de s'enfuir mais pris la précaution ridicule de faire une prière. Prière qui ressemblait à quelque chose comme « Dieu, Dieu je vous aime, j'ai toujours cru en vous et je vous jure que si vous consentez à me sauver, j'irais à la messe tous les dimanches...et les jours fériés..... et à Pâques et à Noël ». Ce qui était, bien sur, une suite de mensonges éhontés.
    Puis il entra dans la chambre où se tenait le Boss suprême. Amyas le reconnut rageusement , il sut dès qu'il le vit qu'il ne faisait pas partie de la même catégorie. Amyas n'était pas laid, loin de là mais il n'avait pas ce charisme, ni cette assurance... Bref rien de tout ce qui définissait un vrai chef. Antoine entra et l'apostropha directement:
    « Ariel, tu vas être fier de nous, on a enfin trouvé ce « Xiao machin chose »!! »
    Mais la réaction de celui-ci ne fut pas celle que cher Antoine espérait:
    « SOMBRE CRETIN!! Je t'avais dit que le type qu'on cherchait était COREEN! Est-ce que le gosse que tu m'as ramené ressemble à un COREEN?! NON, il est tout ce qu'il y a de plus AMERICAIN!!
    -Ben euuh, il avait les cheveux noirs et... il faisait nuit, j'ai mal vu mais.. mais tu sais, il nous a donné des indices.... Boris est.... Il est à la piscine!!
    Ce pauvre Antoine ne savait plus où se mettre et il ne se rendait pas compte qu'il s'enfonçait encore plus.
    « A la piscine..... Franchement, parfois je me demande comment tu fais pour être aussi crétin. Tu ne vois pas que ce gamin t'as raconté des bobards? Enfin bref, ça n'a plus d'importance, on vient de m'apprendre que Boris s'est fait descendre, une partie de poker qui a mal tourné.... Maintenant reste à savoir ce qu'on fait du rat que tu m'as apporté.
    -Ben, on peut le jeter dans le fleuve et avant on le passe à tabac pour être sur qu'il nous dénonce pas. C'est une bonne idée non?
    -Hum... Je dois reconnaître que c'est pas mal mais comment dire... Classique, j'ai envie de quelque chose d'un peu plus excitant ce soir. Laisse moi réfléchir.
    Cette fois Amyas sentit qu'il allait vraiment très très mal finir s'il ne faisait rien. Il fallait à tout prix qu'il tente de sauver sa peau et vite. Il tenta la persuasion auprès de ce Ariel:
    « Eh toi, je veux dire Ariel. Ce soir, j'ai été une pauvre victime et je n'étais au courant de rien.
    -Et alors?
    -Eh bien, mon père est Philippe Crale, il est extrêmement riche et si tu me tue, tu seras poursuivi sans relâche par la police! Ça ne t'arrangera pas, n'est-ce pas? Je suis pas un mouchard, je répéterai rien donc si tu me laisses partir, je dis que je suis tombé dans les escaliers et on en parle plus. »
    Ariel eut un moment de réflexion, mais il ne réfléchissait pas vraiment à ce qu'Amyas aurait aimé:
    « Hum.. Ton père est bien la troisième fortune de la ville?
    -Euh... Oui
    -Et je ne peux que remarquer ton incroyable ténacité et ta fidélité à l'égard de ton chef, mais maintenant qu'il est mort il n'y a plus de problème.
    -Mais puisque je vous dis que je ne savais ri....
    -Ttt tt tte pas la peine de jouer au modeste! Et inutile de me vouvoyer. Tu as quel age? Quinze ans? Je te prends sous mes ordres, tu sais que c'est un véritable honneur que je te fais.
    -Mais je ne veux pa.....
    -C'est à prendre ou à laisser mais si j'étais toi je prendrai. Qui sait ce qui peux arriver aux jeunes de ton age lâchés seules dans cette grande ville à cette heure de la nuit.
    -Je crois que rien ne pourrait me faire plus.. euh plaisir....
    -A la bonne heure, je sens que l'on va très bien s'entendre.... »
    Aujourd'hui encore, Amyas le soupçonnait de l'avoir engagé uniquement en terme d'otage au cas où les finances tournerait mal...



    Les jeunes gens voudraient être fidèles et ne le sont pas. Les vieux voudraient
    être infidèles et ne le peuvent plus.
    Oscar Wilde


    Il était enfin arrivé au luxueux manoir de la famille Crale. Son père n'avait pas lésiné sur les moyens pour montrer sa fortune et le rendu était très rococo. Amyas avait toujours trouvé que cette maison transparait par un mauvais goût certain. Une sorte de mélange entre le palais de cendrillon et le musée de Beaubourg, chef d'œuvre contemporain (hum). Il passa par le grand portail en argent massif qui devait mesurer dans les trois mètres de haut et s'engagea dans l'allée sablonneuse. Arrivé à la porte il enleva ses chaussures et monta dans sa chambre sans faire de bruit.
    Il était cinq heures. Amyas n'avait pas peur, ses parents savaient très bien qu'il ne rentrait jamais à l'heure du couvre-feu, c'est à dire minuit. Mais tant qu'il ne ne les réveillait pas en rentrant, Mr et Mme Crale avait pris l'habitude d'ignorer les écarts de leurs fils. Il fallait juste qu'il soit de retour avant six heures, heure où Mr Crale se levait. Amyas s'endormait généralement vers trois heures pour se réveiller vers midi sauf en cas de mission importante comme ce soir. Ce qui était pour lui d'excellents horaires.
    Mais ce matin là fut différent des autres. Il fut sortit d'un sommeil de plomb vers huit heures par la sirène hurlante d'une voiture de police. Amyas bondit hors de son lit et descendit en catimini dans les escaliers, là où il avait une vue d'ensemble du salon. Pour une fois, le grand escaliers en granit rose du salon allait enfin servir à autre chose qu'a recevoir le regard envieux des clients et celui affligé d'Ariel.
    Les policiers étaient entrés et prenaient un thé avec sa mère dans la véranda qui était attenante au salon. Amyas entendait clairement leur conversation.
    « Pardonnez ma brusquerie madame mais il semble que votre fils soit mêlée à un acte de délinquance de la pire espèce. Nous avons repêché hier un pauvre garçon qui dit avoir été jeté dans le fleuve par des personnes qu'il a identifié comme votre fils et deux de ses connaissances, Gordon Cole et Jérôme Blanchet tous deux étudiants au lycée Isaac Newton. Bref nous aimerions interroger votre fils sur ces activités d'hier soir.
    -Mais enfin, c'est impossible car hier mon fils...
    Amyas n'écouta même pas l'excuse pitoyable de sa mère, il était déjà retourné dans sa chambre. Il enjamba la rambarde de sa fenêtre et descendit le long d'une vieille glycine. Il s'était entrainé à cette acrobatie dans la précaution, qui lui avait paru dérisoire à l'époque, où il devrait sortir précipitamment sans se faire voir de personne. Il se retrouva dans le jardin, se rendit au fond de celui-ci pour passer par la porte des domestiques. Mr Crale avait fait construire cette porte car il estimait que personnes du grand monde et simple employés n'avaient pas à se croiser et encore moins à se côtoyer. Amyas trouvait que les idées de son père faisaient preuve d'un arrérage forcené mais cette fois, elles lui sauvaient la vie.
    Il pensait à ce petit salopard d'Adrian. Sa première envie fut de lui rendre visite afin de massacrer sa petite face de rat. Mais le temps pressait et Amyas avait à faire. De plus la prétendue victime devait être en train de se languir et pleurnicher dans un lit d'hôpital tout ça pour trois malheureuse gouttes d'eau. Bref, pas la proie idéale pour le moment. De plus, Amyas aurait tout le temps de réfléchir plus tard à une vengeance digne de ce nom. Pour l'instant il se devait de rendre visite à Ariel afin de mettre au point une stratégie. Ce qu'il fit.
    Enfin ce qu'il aurait dû faire, car en bas de l'hôtel où créchait son boss suprême, il se fit aborder par deux de ses hommes de confiance qui l'entrainèrent de force vers une ruelle déserte. Alors? On a merdé pour la mission? Lui dit le premier, avant de lui balancer un énorme coup de pied dans le ventre. Amyas était loin d'être un gringalet mais il savait d'avance qu'il ne ferait pas le poids contre ces deux-là bien plus massifs et carrés d'épaule que lui. Ariel devait sacrement lui en vouloir pour avoir ordonné à ses deux montagnes de lui casser la gueule. Et à cette pensée, il se sentit très mal. Ariel était très en colère contre lui, peut être assez pour le virer de l'organisation. Enfin il fallait déjà pour cela qu'il le laisse en vie. Les deux hommes n'avaient pas l'air d'être des criminels du dimanche.
    Il tenta d'abord de résister mais très vite arriva l'inst ant fatidique où il ne pouvait plus rien faire à part être balloté dans tous les sens. Puis ils l'abandonnèrent dans la poubelle la plus proche. Amyas trouva cela incroyablement ironique, il subissait ce qu'il avait fait subir à toutes ses victimes. Si ça se trouve, il lui arrivait ce que sa mère appelait la punition divine. Elle lui faisait à chaque fois le même sermon comme quoi s'il faisait de « méchantes choses », Dieu le punirait dans toute sa grande puissance. En clair, si Amyas faisait une malveillante action envers son prochain, Dieu lui rendrait la pareille. Ce qu'elle ne se lassait pas de lui dire lorsqu'elle le prenait à faire des blagues qui consistait par exemple à voler l'argent d'un pauvre clochard innocent rien que pour le plaisir de le voir courser un pauvre passant non moins innocent mais suspect. Amyas trouvait dans ses moments là les divagations de sa mère stupides vu qu'il ne lui serait jamais venu l'idée saugrenue de faire la manche. Mais cette fois, il se dit qu'il avait vraiment eu droit à la punition divine. Il n'avait plus qu'à aller se faire baptiser, si jamais il réussissait à rentrer chez lui en un seul morceau.
    Après être resté un moment à macérer dans sa poubelle, ses forces purent enfin lui permettre de sortir de cet environnement peu ragoutant. Plus question d'aller chez Ariel, si celui-ci l'avait abandonné alors il n'avait plus qu'à rentrer chez lui en priant pour échapper à la maison de correction. De toute façon, il était vraiment dans un sale état à en juger l'expression des passants qui se retournaient sur lui. Le chemin qui le ramenait de la ruelle misérable jusqu'à chez lui fut un véritable périple. Il avait l'impression que s'il s'arrêtait il allait tomber en poussière sur la route et être emporté par le vent.
    Ce qui était le plus horrible dans tout ça, c'était qu'Ariel l'ait abandonné. Il réussirait peut être à clamer son innocence, mais adieu la belle vie. Retour à la vie plate qu'il menait avant, l'habituel métro-boulot-dodo comme diraient ses parents. Et cela, Amyas ne le voulait pas. Et même s'il pouvait surmonter ça, la trahison d'Ariel lui retournait le cœur. D'accord, il était, enfin avait été un sous-fifre mais il considérait tout de même Ariel comme un ami, surement le meilleur ami qu'il ait jamais eu. Et maintenant, il était un peu tard pour se rendre compte qu'il s'était juste servi de lui avant de le virer pour « faute professionnel ». Au fond c'était peut être mieux ainsi, au moins, il ne se ferait plus d'illusions.



    On devrait toujours être amoureux. C'est la raison pour laquelle on ne devrait
    jamais se marier.
    Oscar Wilde, Une femme sans importance


    Une fois devant chez lui, il n'eut même pas à frapper. Sa mère avait déjà ouvert la porte pour le serrer dans ses bras.
    « Ce matin, la police est venue pour nous dire que tu avais presque tué un garçon. Mais après un beau jeune homme est venu nous prévenir que tu t'étais également fait agresser! Je suis si heureuse que tu n'ais rien à voir avec cette bande de vaurien! »
    Amyas ne sut pas vraiment s'il devait se réjouir d'être lavé de tous soupçons, ou être indigné de voir que sa mère préférait le savoir mort que coupable. Mais qu'importe il avait des choses à éclaircir. Sa mère pendant ce temps continuait à parler toute seule:
    « Il faudrait que je prévienne ton père qu'il fasse cesser les recherches et aussi, j'ai préparé une tisane dans le cas où tu rentrerais vivant et mon dieu mais tu sens la benne à ordure!!! Qu'est-ce que tu es allé faire là dedans?! »
    Ce que sa mère pouvait être idiote!
    « Maman, à quoi ressemblait la personne qui est venu te prévenir de mon agression? Et je ne suis pas allé dans une poubelle, on m'a jeté dedans.
    -Oui c'est vrai, que je suis bête, excuse moi Fils. Hum et bien, il était grand et hum... vraiment bien fait de sa personne, les cheveux noirs... et il était également habillé tout en noir et... il était vraiment mais alors vraiment très beau! »
    Amyas à sa description reconnut immédiatement Ariel. Sa première pensée le remplit de honte, sa mère avait dû lui faire du charme en lui proposant du thé où il ne savait quelle boisson ridicule. Lui proposant d'aller danser le madison avec elle un de ces jours dans une de ses soirées mondaine grotesque auquel elle avait l'habitude d'assister. Cette vieille nymphomane n'avait pas encore quarante ans, était plutôt bien conservé et elle le savait au grand dam d'Amyas. Il lui arrivait régulièrement de draguer des hommes jeunes ou moins jeunes et de leur proposer des soirées le couvrant de ridicule. La deuxième fut de se demander ce qu'Ariel avait derrière la tête et que signifiait sa visite. Il n'espérait quand même pas s'innocenter dans cette affaire, d'habitude il ne prenait pas cette peine. Amyas ne savait que faire: aller chez Ariel? Rester chez lui et attendre? Cela lui semblait une solution plus judicieuse mais il n'avait pas envie d'attendre. Il n'avait jamais eu beaucoup de patience. Il en était là de ses réflexions quand sa mère prit de nouveau la parole.
    « Au fait, il t'a laissée une lettre, je l'ai posé sur la table du salon. »
    Amyas ne se fit pas prier et courut au salon. Déchirant à moitié la lettre dans sa précipitation pour l'ouvrir plus vite. Elle disait juste ceci.
    « J'ai fait ça pour ton bien, rejoins moi au même endroit que d'habitude.
    Ariel »
    Pas d'excuse, ni de «est-ce que ça va?». Cela ne l'étonnait pas vraiment, Ariel n'avait jamais été très attentionné. Il alla prendre une douche en vitesse. En regardant son reflet dans la glace, il se dit qu'il avait eu de la chance. Il avait seulement quelques coupures sur la figure. S'il mettait un jean et un t-shirt à manche longue, on penserait seulement qu'il avait fait une mauvaise chute à vélo. Il se rendit donc chez son boss suprême où il fut, cette fois, autorisé à entrer.



    Un peu de sincérité est chose dangereuse, beaucoup de sincérité est absolument fatal.
    Oscar Wilde, Le Critique en tant qu'artiste


    Ce dernier l'accueillit avec le grand sourire de celui qui ne ressent absolument pas de culpabilité. Mais là encore Amyas s'en était douté et il savait qu'il ne devait pas s'attendre à des excuses de sa part. D'ailleurs, comme il l'avait prévu celui-ci commença à lui sortir une conversation digne de « Louis la brocante ». Émission ô combien passionnante que sa mère regardait car elle trouvait que cela faisait bien et classe de regarder les séries françaises. Amyas aurait surement apprécié s'il n'avait pas eu envie de s'ouvrir les veines aux premières minutes. Tout cela pour dire que la conversation s'amorça par ceci:
    « Alors Amyas comment vas-tu depuis la dernière fois qu'on s'est vu?
    -Oh, pas grand chose, les choses ont été un peu mouvementés ces dernier temps et j'ai été un peu brutalisé.
    -Tu devrais être heureux, je leur ai dit de ne pas te frapper au visage. Un sous fifre amoché ça fait mauvais genre.
    -Trop aimable.
    -Oh ne me dis pas que tu es fâché, je l'ai fait pour ton bien, lui dit Ariel en lui ébouriffant les cheveux. Il ne savait que trop bien qu'Amyas détestait qu'il le traite comme un gamin.
    -Bref c'est pas tout mais pourquoi tu m'as fait appeler?
    -Et bien, pour m'assurer que tu allais bien. Je suis toujours soucieux du bien-être de mes employés.
    -Je ne doute pas que ça te tracasse beaucoup, lui rétorqua Amyas non sans y mettre toute l'ironie nécessaire. Mais qu'en est-il de la raison officieuse?
    -Tu es vraiment médisant. Jadis, tu étais bien plus mignon avec moi et tu buvais la moindre de mes paroles »
    Son petit sourire narquois ne l'avait toujours pas quitté et cela commençait à agacer fortement Amyas.
    « Jadis, je n'étais pas plus mignon mais plus malléable, n'est-ce pas?
    -Appelle ça comme tu veux je faisais juste remarquer que jadis tu me faisais bien plus confiance qu'aujourd'hui. »
    A ces mots, il se leva, s'assit sur le canapé en cuir blanc tout près d'Amyas. Il lui prit le menton afin qu'il le regarde droit dans les yeux. Amyas soutint son regard, mais il sentit néanmoins qu'il commençait à rougir, ce qui fit d'autant plus sourire Ariel. Et ce qu'il lui dit n'arrangea vraiment pas les choses.
    « Tu sais très bien que je ne te laisserai jamais. Les autres peuvent très bien partir ou mourir, cela me serait bien égal. Tout ce que je veux, c'est que toi, tu restes à mes cotés. Je sais que tu ne me trahiras jamais. Réjouis toi, il est rare que j'accorde ma confiance à un simple sous-fifre.
    Amyas resta un instant estomaqué par cette tirade. Surement parce qu'Ariel lui avait paru pour une fois sincère. Mais il remballa vite cette idée, ses paroles ne pouvait pas être sincère car il n'était jamais sincère. Il ne l'avait jamais vu parler à quelqu'un avec amabilité à part pour le manipuler à des fin crapuleuses, pour endormir sa méfiance ou tout simplement pour se moquer. Oui, Ariel était un beau parleur, l'intérêt était son credo et la sournoiserie son amie. Si bien qu'il trouva seulement à lui répondre:
    -Qu'est-il arrivé à Gordon et Jérôme?
    -Hum? Ah ces deux-la, ils sont en attente d'un procès pour coup et blessures sur la personne d'Adrian Landsaft. Je n'ai rien pu faire pour eux, c'est embêtant. Mais je me suis tout de même assuré qu'ils ne puissent pas me mettre de bâton dans les roues.
    -En clair, tu t'es débarrassé d'eux en laissant la police les arrêter.
    -Je ne vois pas pourquoi je devrais souffrir de leurs incompétences.
    -.... C'était moi le commanditaire de l'opération
    -C'est pour ça que je t'ai dit que tu devrais t'estimer heureux d'être encore dans cette pièce pour me parler. Oh et je t'ai laissé ce petit imbécile d'Adrian, j'ai pensé que ça te ferait plaisir de le démonter toi-même. Par contre, cette fois, fais dans la dentelle, je n'ai aucune envie de me retrouver avec d'autres ennuis, sous fifre incompétent.
    Après ce nouveau pique, Amyas ne savait pas s'il pourrait en supporter plus et il jura préférable de partir. Néanmoins Ariel n'en avait pas fini:
    -Au fait, ta mère est vraiment mignonne.... et douée, avec ça, elle te ressemble.
    Il ne prit même pas la peine de répondre et partit en claquant la porte non sans avoir entendu le « demain même heure » qu'avait hurlé Ariel au moment où il dévalait les escaliers. Il savait que sa conduite avait quelque chose d'infantile mais au moins ça le soulageait. Il n'appréciait pas vraiment qu'Ariel couche avec sa mère au moment même où il était en train de se faire casser la gueule. D'ailleurs, il n'appréciait pas qu'il couche avec elle tout court. Maintenant au moins il comprenait le soudaine engouement qu'avait sa mère à vouloir inviter son nouvel ami, enfin nouvel amant à prendre le thé en son absence. Mais elle allait être déçue, Ariel se lassait très vite des choses et il le soupçonnait d'avoir fait ça uniquement pour l'agacer.



    On a conscience avant, on prend conscience après.
    Oscar Wilde


    Une fois rentré chez lui, il se préparait à remonter directement dans sa chambre afin de gouter à un sommeil bien mérité quand sa mère l'appela de la véranda. Il ne lui avait pas pardonné mais il n'avait pas non plus l'intention de lui faire savoir qu'il était au courant de ses aventures extra-conjugales. Il opta donc pour la neutralité:
    « Je suis dans ma chambre.
    -Veux-tu bien descendre?
    Elle était gonflé. Elle ne faisait rien de ses journées, contrairement à lui, et ce n'était pas elle qui était salement amochée, mais il consentit néanmoins à la rejoindre. Sa mère l'attendait, assise dans la véranda, en tricotant ce qui devait être un pull mais qui affichait une ressemblance troublante avec une chaussette géante. Il pria pour ne pas en être l'heureux destinataire.
    « Je voulais juste te dire que tu es officiellement blanchi dans cette affaire. Au départ les policiers ne voulaient rien savoir mais ils ont bien vu que tu n'étais pas rentré de la nuit et ils ont bien voulu croire qu'il t'étais vraiment arrivé quelque chose. De plus il y a des témoins qui ont vu ton agression vers deux heures du matin. »
    Ariel n'avait pas fait dans la demi-mesure, il était carrément allé menacer d'innocents habitants afin d'en faire de faux témoins. Il bénit également sa bonne étoile pour s'être écroulé de fatigue tout habillé sur son lit encore fait.
    « Ah, c'est une bonne nouvelle, se contenta t-il de répondre. Mais sa mère, en plus d'être idiote, était extrêmement bavarde.
    -Je ne comprend vraiment pas pourquoi ces stupides témoins n'ont pas appelé la police! Cela t'aurait évité de souffrir le martyre pendant des heures. Tu as horriblement souffert n'est-ce pas mon pauvre chéri?
    -.....Oh oui, j'ai horriblement souffert
    -Et j'ai appelé le médecin, il va venir dans l'après-midi
    -OK. A ce stade-là, Amyas savait que le mieux à faire était de laisser sa mère délirer en lui répondant de temps en temps
    -Quant à ses voyous, j'espère qu'on leur donnera le maximum! Ton agréable ami m'a raconté comment tu avais volé au secours de ce pauvre Adrian avant de te faire toi-même agresser! »
    Ainsi, Ariel avait tout mis sur le dos de Gordon et Jérôme. Il ne les avait jamais beaucoup apprécié, mais là il les plaignait.
    « D'ailleurs Mme Landschaft veut te voir pour te remercier d'avoir aidé son fils. »
    Enfin, une bonne nouvelle, ce petit rat allait avoir la peur de sa vie.
    « Mais tu n'iras pas, car ton père et moi avons beaucoup réfléchi et nous avons décidé de t'envoyer en pension dans un excellent établissement. Tu pars demain.
    -Hum hum....... QUOI?!
    -Ne fais pas cette tête enfin, c'est pour ta sécurité que nous le faisons.
    -Mais enfin c'était un accident!! C'est la première fois que ça m'arrives, ça ne se reproduira jamais.
    -Je pensais que tu serais content, le pensionnat Coates est un excellent établissement. Tu as toujours apprécié les études!
    Apprécié était un grand mot. Il était brillant uniquement parce qu'il savait que si sa moyenne chutait il ne pourrait plus sortir aussi souvent qu'avant. De plus avec tous les professeurs particuliers que ses parents lui payait, avoir de bonnes notes n'était pas chose difficile. Mais cette fois, ni son génial cerveau, ni celui d'Ariel d'ailleurs, n'avait pensé à l'éventualité de la pension. Il savait qu'il était coincé. Ses parents n'avaient jamais été sévères, mais quand ils avaient une idée en tête, ils ne la lâchaient pas. Il imaginait déjà la vie dans la pension à l'image de ceux qui l'avait choisi: morne, ennuyeuse et évidemment très studieuse. Trois mots qui ne correspondait absolument pas à sa définition personnelle. Amyas, à cette pensée se sentit extrêmement las. Il avait l'impression qu'il était la victime d'une stupide blague grotesque. L'impression que la providence l'avait tiré d'affaire afin de le faire tomber encore plus bas. Il dit à sa mère qu'il allait préparer ses valises et fila dans sa chambre.
    Là, il pouvait réfléchir à la manière la plus intelligente d'échapper au pensionnat. Réflexion qui se solda par un échec retentissant. Il avait passé en revue tous les moyens possible du plus raisonnable au plus fantaisiste. Le plus judicieux étant de demander à Ariel de l'héberger pour une durée indéterminée, le temps qu'il trouve un travail et un nouveau logement. Le plus stupide de s'engager en tant que marin sur le premier paquebot venu. Il n'émit même pas l'idée d'essayer de convaincre ses parents, il savait que c'était totalement inutile. Il n'avait plus qu'à se résigner et accepter d'aller s'enterrer dans le coin paumé qu'était Perdido Beach, magnifique ville côtière réputé pour sa plage et son climat, d'après sa mère. On lui avait raconté que rester trop longtemps en état d'ennui perpétuel pouvait entrainer une somnolence semblable à une hibernation éveillé. Il avait plus de deux ans pour vérifier ces dires, la science pouvait le remercier.



    La fatalité veut que l'on prenne toujours les bonnes résolutions trop tard.
    Oscar Wilde, Le portrait de Dorian Gray


    Amyas se trouvait désormais dans le train qui l'emmenait vers son nouveau foyer. Il n'était même pas passé dire au revoir à Ariel. Il savait que celui-ci serait furieux mais il n'avait pu se résoudre à lui montrer sa faiblesse. Il ne savait que trop bien comment son boss suprême aurait réagi et il n'était pas d'humeur à encaisser ses railleries. Coincé entre deux vieux schnocks ronchons, le voyage qui devait durer plus de douze heures allait surement se révéler palpitant.
    Dès son arrivée il les avait entendu marmonner des propos à base de «à mon époque, on avait du respect pour le corps que Dieu nous avait donné » ou bien de « les parents ne savent plus tenir leurs enfants de nos jours, qu'on ne s'étonne pas qu'après il leur arrive des ennuis ». Évoquant une période qui devait surement se rapprocher du Moyen-Age. Il avait certes les cheveux teints, une couleur d'ailleurs très étudiée qu'il s'était faite suite à son traumatisme japonisant. Il avait passé tout un après-midi à faire un savant mélange de différentes teintures. Ignorant les recommandations des différentes boites l'interdisant formellement sous peine de devenir chauve ou d'inhaler des vapeurs toxiques. Il avait fait son piercing à la langue uniquement parce qu'Ariel lui avait assuré que ça lui donnait un air furieusement sexy. Quant à ses blessures, il ne pouvait rien n'y faire si cela lui donnait l'air d'un délinquant de seconde zone, mais il se maudit intérieurement d'avoir mis un tee-shirt à manches courtes et un short même en raison de la chaleur ambiante.
    Chaleur d'ailleurs persistante. Amyas crut qu'il allait se liquéfier sur le quai de la gare. Mais quelle idée d'avoir pris le train qui arrivait à Perdido Beach à quinze heures trente, lui qui n'avait jamais supporté le climat tropical que les habitants du coin qualifiait « d'air printanier ». Il ne sortait de chez lui que le soir vers vingt heures, ne quittant jamais en après-midi la maison sur-climatisée durant les deux mois de grandes vacances. Tout ça pour dire qu'après avoir sué sang et eau et s'être perdu une vingtaine de fois, il dénicha enfin le fameux pensionnat.
    Il passa par le gigantesque portail qui lui rappelait celui de sa chère maison mais en beaucoup moins kitch. La bâtisse était impressionnante, austère et peu accueillante, le nom « pénitencier Coates » aurait été plus indiqué. Il avait lu sur la brochure que l'endroit proposait aux parents de se débarrasser de leurs enfants dit « à problèmes ». Enfin, ce n'était pas dit comme ça mais c'était le sens. Amyas se dit que finalement ses parents n'étaient pas si stupide et étaient peut-être au courant de certains de ses loisirs préférées.
    A l'accueil une femme peu aimable lui indiqua sa chambre et lui donna son uniforme. Le design et les couleurs du costume n'étaient pas trop mal mais quand il lu la devise de l'établissement, il trouva que c'était franchement comique! « Ad augusta per augusta »: Vers les sommets par des chemins étroits. Devise en latin de plus. Pourquoi pas « alea jacta est » ou « carpe diem » tant qu'on y était. Il refourga le dit uniforme au fond du placard et décida d'aller visiter le pensionnat et d'observer ses passionnant occupants.
    L'édifice n'offrait rien de très intéressant malgré la mention « monument historique » à l'entrée. Ce n'était ni plus ni moins qu'une vieille école remplie d'élève psychologiquement perturbés auxquels on avait greffé des chambres et des sanitaires (à l'école pas aux élèves). Mais les choses commencèrent à devenir d'un coup bien plus excitante quand Amyas entendit un « hé, t'es capable de boire jusqu'à t'évanouir? » provenant d'une porte qu'il avait identifié comme celle d'un placard et d'où sortait une fumée épaisse qui ne semblait pas être composée seulement de tabac à en juger par ses vertus incroyablement relaxante. Au loin, il entendit les cris d'un garçon visiblement en train de se faire tabasser. Oh oui, finalement il allait surement beaucoup se plaire ici....


    III. Auteur du Crime

    Votre nom ou pseudo : Sophie
    Age : 17 ans
    Avatar : Akira de Togainu no chi
    De quelle façon avez-vous découvert le forum ? Grace à son intelligen/VLAM admin
    Des suggestions pour l'améliorer ? Non vu qu'on peut rien faire pour les avas qui rentrent dans le texte.
    Autre chose?[code bon par Dekka]








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Re: Amyas Crale ou la délinquance sur le chemin de la perversion

Message  Drake Merwin le Lun 30 Aoû - 11:42

    Allez, c'est l'occasion rêvée pour sortir le smiley pervers-psychopathe! *lynchée*

    Bienvenuuuue <3

    Amyas gère la fougère! Sa fiche est trop drôle XDD Et puis... Yaoooiiii *o* Il y a même des images d'Ariel mit Amyas quoi, perfect u_u
    Bref, je te valide de ce pas! Amuse toi avec groupitude 8D

    Validé > Normaux ♥️

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